LECTEURS LECTRICES
Lecteurs improbables selon Gérard Genette, hypocrites pour Baudelaire, apocryphes chez Umberto Ecco, labyrinthiques pour Borges, d’outre- tombe selon Chateaubriand, suffisants = capables, le souhait de Montaigne, lecteurs d’eux-mêmes, dixit Proust, etc…
Un poète moins connu mais tout aussi important à mon goût, m'écrivit depuis son village de Veilhes, dans le Lauragais, ce petit bijou : " Je me suis habitué à considérer tout poème venant d’être écrit comme un fruit naissant, une promesse, un apparaître verbal d’un instant plus ou moins privilégié, une ébauche à parfaire, un voyage à continuer. Ainsi n’y vois-je jamais une version définitive, une œuvre achevée, notions qui n’ont plus de sens pour moi. J’incline même à souhaiter le vrai lecteur qui écrirait un autre poème à partir du mien. "
Une manière de reprendre cet aphorisme de Paul Ricœur: Le texte grandit avec ses lecteurs
Il a été écrit loin d’eux, sans penser à personne, pour ce qu’on cherche en soi d’essentiel, mais le texte achevé, sans l’épreuve d’une lecture accomplie par les autres, il reste lettre morte, un jeu solitaire et stérile.
Loin, sans penser,
les textes achevés,
sont mis à l’épreuve,
posés sur l’écran.
Ce geste simple
mets une distance :
je qui voit devient autre.
Cela pour dire
de qui avons-nous
VRAIMENT besoin
si nous croyons en nous ?
La réponse est dans le vraiment
qui devient un beau cadeau
si un une autres passent de temps en temps !
michel chalandon
https://poesieafranquevaux3.blogspot.com/
J’aimeJ’aime