La mémoire est un oubli qui s’ignore
Gérard Genette
Je me souviens J’ai oublié
Myosotis ou pavés de Guermantes
La main du spectre d’une amante
Je me souviens J’ai oublié
Le jardin où les figuiers
Brûlaient les yeux des impatientes
Je me souviens J’ai oublié
L’inconnu à la marjolaine
Et ma Bohème cette antienne
Où l’on tirait des lyres
Comme des élastiques
Je me souviens des nuits
Qui tournaient chacune de mes pages
En disant : C’est pour l’éternité !

Je me souviens J’ai oublié
mes nuits d’Espagne mortes le lendemain
et ta main m’emmenant battre la campagne
Je me souviens J’ai oublié
le cœur de mon soleil sur la mer en allée
qui brûlait le sable où tout fut dévoilé
Je me souviens J’ai oublié
les compagnons de la Marjolaine
qui passaient tard gais dessus le quai
mes étoiles au ciel avec leur doux frou-frou
ces bons soirs de septembre
à la tranche vert-chou
Je me souviens de ces voix proches ou disparues
L’Unique en nous ___ S’est absenté
Pour cette minute __ D’éternité
J’aimeJ’aime