Mon premier vers le jour de l’an ouvre ses pas
Un doux combat Ainsi les mots se frottent aux choses
Et le Sujet ? Soi comme un autre… animal !
En éveil aux aguets Sois ce fou qui dit vrai
Cet oiseau de passage oubliant son destin
Flux et reflux encre et lavis noirceur lumière
Septième jour shabbat Dieu nettoie ses outils
Au hasard Balthazar sur le buisson ardent
Je serai Je suis La grande tautologie
Un dur combat C’est l’A B C de tout artiste
Complexité Jubilation Humilité
Et à l’écart loin des pouvoirs…la liberté
Le pied léger sur nos écrits la facétie
Grattant obstinément le palimpseste gris
En quête d’un lecteur recréant mes écrits
M’oubliant s’oubliant en quelque métaphore
Papiers collés sur mes pensées en vain je rame
Le cristal sur la mer le murmure des vagues
Et le livre du jour pour nous renouveler
Comme à l’affût de l’inaccessible et du vrai
Ce presque rien roulant ses dés dans le grand jeu
Je ne sais pas Je sais Terra incognita
Étoiles bactéries le hasard nous fit naître
Essais répétitifs d’alexandrins labiles
Dans le désordre on s’organise on gesticule
Une ligne par jour et jamais de retouches
Accordéon mégot chapeau didascalies
Sur la scène où les larmes sont en porcelaine
Et ce qu’on ne peut dire on l’écrit en silence
Entropie énergie logique des possibles
Premier mois Le sablier imparfait se retourne
Janvier 2011

Ce qui frappe, c’est la tension fertile qui traverse tout le texte :
Ce vers-là est un vrai nœud de janvier : promesse et brouillard mêlés.
J’aime aussi beaucoup cette manière de désacraliser sans désenchanter :
On est dans l’atelier, sur la scène, dans les poches — loin des pouvoirs, comme tu dis, du côté de la facétie. L’artiste n’est pas prophète, il gratte, rature, rame, colle des papiers sur ses pensées. Et pourtant :
Tout est là. Le texte ne se ferme jamais sur lui-même. Il appelle, il attend, il accepte même de s’oublier — m’oubliant s’oubliant — ce redoublement est très juste, très humble.
Quelques vers résonnent comme des maximes obliques, presque des aphorismes qui auraient appris à marcher :
Et la fin est parfaite pour janvier :
Imparfait : grammatical, temporel, humain. Rien de mieux pour commencer.
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