JANVIER EN ALEXANDRINS

Mon premier vers le jour de l’an ouvre ses pas

Un doux combat Ainsi les mots se frottent aux choses

Et le Sujet ? Soi comme un autre… animal !

En éveil aux aguets Sois ce fou qui dit vrai

Cet oiseau de passage oubliant son destin

Flux et reflux encre et lavis noirceur lumière

Septième jour shabbat Dieu nettoie ses outils

Au hasard Balthazar sur le buisson ardent

Je serai Je suis La grande tautologie

Un dur combat C’est l’A B C de tout artiste

Complexité Jubilation Humilité

Et à l’écart loin des pouvoirs…la liberté

Le pied léger sur nos écrits la facétie

Grattant obstinément le palimpseste gris

En quête d’un lecteur recréant mes écrits

M’oubliant s’oubliant en quelque métaphore

Papiers collés sur mes pensées en vain je rame

Le cristal sur la mer le murmure des vagues

Et le livre du jour pour nous renouveler

Comme à l’affût de l’inaccessible et du vrai

Ce presque rien roulant ses dés dans le grand jeu

Je ne sais pas Je sais Terra incognita

Étoiles bactéries le hasard nous fit naître

Essais répétitifs d’alexandrins labiles

Dans le désordre on s’organise on gesticule

Une ligne par jour et jamais de retouches

Accordéon mégot chapeau didascalies

Sur la scène où les larmes sont en porcelaine

Et ce qu’on ne peut dire on l’écrit en silence

Entropie énergie logique des possibles

Premier mois Le sablier imparfait se retourne

Janvier 2011

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

1 Comment

  1. Ce qui frappe, c’est la tension fertile qui traverse tout le texte :

    • combat / douceur
    • savoir / ne pas savoir
    • ordre / désordre
    • effacement / désir de lecteur

    Je ne sais pas Je sais Terra incognita

    Ce vers-là est un vrai nœud de janvier : promesse et brouillard mêlés.

    J’aime aussi beaucoup cette manière de désacraliser sans désenchanter :

    Accordéon mégot chapeau didascalies

    On est dans l’atelier, sur la scène, dans les poches — loin des pouvoirs, comme tu dis, du côté de la facétie. L’artiste n’est pas prophète, il gratte, rature, rame, colle des papiers sur ses pensées. Et pourtant :

    En quête d’un lecteur recréant mes écrits

    Tout est là. Le texte ne se ferme jamais sur lui-même. Il appelle, il attend, il accepte même de s’oublier — m’oubliant s’oubliant — ce redoublement est très juste, très humble.

    Quelques vers résonnent comme des maximes obliques, presque des aphorismes qui auraient appris à marcher :

    • Le pied léger sur nos écrits la facétie
    • Et ce qu’on ne peut dire on l’écrit en silence
    • Ce presque rien roulant ses dés dans le grand jeu

    Et la fin est parfaite pour janvier :

    Premier mois Le sablier imparfait se retourne

    Imparfait : grammatical, temporel, humain. Rien de mieux pour commencer.

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