J’ai un dictionnaire à part moi.
Montaigne
À CHAQUE PAGE une partie se joue
Avant de commencer on ne sait laquelle À chaque éveil que nous fait le coup des insomnies Cette nuit c’est le jeu du fugitif Il se cache dans une cuadrilla qui s’avance dans le ruedo Ou bien il joue de la clarinette pour animer les débats Sur l’arène sanglante des cinq cœurs du soir planent sept milans ou peut-être des buses Après sa mise à mort les mules et leurs grelots font tourner le taureau Comme une toupie
L’Âge d’homme en vis-à-vis
De l’Âge d’homme nous recopierons sa phrase programme : il ne peut, tout compte fait, s’agir d’écrire que pour combler un vide ou tout au moins situer, par rapport à la partie la plus lucide de nous-mêmes, le lieu où bée cet incommensurable abîme.
Sept ans après, l’auteur qui voulait faire de la littérature considérée comme une tauromachie, reconnaît béatement que son véritable âge d’homme lui reste encore à écrire.
L’Âge d’homme 1939, un essai de Michel Leiris (1901-1990)
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