UNE NUIT CATALANE

SARDINES SARDANES
Et bonnets phrygiens
La Catalogne cogne
Au portail de l’Espagne

Sur les ramblas il y a
Des cireurs de godasses
Des cages musicales
Où les perruches et les chardonnerets
Imitent Messiaen Olivier

Devant la cathédrale
Je danse la sardane
On a posé nos sacs
Nos chapeaux Nos Miró
Les mains de haut en bas
Suivent des musiciens
Le son des cuivres et de la tenora

À quatorze heures y pico
On se graisse les doigts
De sardines D’escargots caracols
Et à la régalade
Manzanilla on boit

La nuit quand je pense
À notre ancienne vie
Rouge et jaune
Avec les roses dans tes cheveux
Qui alors moutonnaient
Je rame amoureusement
Sur notre monde jubilatoire
catalan
En allé définitivement

POÉSIE MODE D'EMPLOI
06/01/2006
18/02/2026
non stop

Dorio acrylique encre de Chine détail

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

2 Comments

  1. Ce poème avance en procession joyeuse : gestes collectifs (les mains de la sardane), bruits savants devenus oiseaux, couleurs politiques et amoureuses mêlées. La langue y graisse les doigts comme la table, et le temps — daté, redaté — devient non stop.
    On y entend une Catalogne habitée, mangée, dansée, puis portée à la rame de la mémoire : non pas perdue, mais en allée — comme on dit d’un chant qui continue ailleurs.

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  2. La nuit catalane — détail
    Acrylique, encre de Chine

    Ici, la nuit n’est pas noire :
    elle est traversée.

    Les larges gestes d’encre — presque des enjambées — coupent l’espace comme une danse brusque, peut-être une sardane devenue intérieure. Le noir n’enferme pas : il porte, il entraîne, il fait passer. On sent le bras, l’élan, la reprise du souffle.

    Les rouges surgissent par plaques vives, éclats de sang joyeux, drapeaux froissés, restes de fête sur les doigts. Le jaune, à droite, n’éclaire pas : il insiste, soleil nocturne, mémoire politique et affective mêlée. Le bleu, plus rare, vient comme un contrechant — une fraîcheur, un appel d’air, presque un oiseau.

    Tout se joue entre contrôle et abandon :
    l’encre tranche, l’acrylique déborde, l’eau fait sa loi.
    La nuit catalane n’est pas un décor mais un rythme, une houle où le geste rame encore, même quand la terre est « en allée définitivement ».

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