EN ÉCRIVANT EN LISANT VILLON

Ce soir seulet en écrivant

Lisant Villon faisant ses lais

Et ses ballades qui nous baladent

Grosse Margot Dames du temps

Jadis : Flora, Biétris, Alis.

.

Villon : souillon, bouillon, haillon

Venez à son enterrement

Quand ouïrez le carillon

Vétu de noir ou vermillon

.

Venez faire la rime

Sur le boulevard du crime

Vierge princesse folle jeunesse

Entre effroi et liesse

.

Le soir est tombé à présent

Il vente et grêle sur ma nuit

Sur le papier de cet écrit

Qui en l’honneur de Villon,

Mais en silence, bruit.

.

Poésie mode d’emploi

06/01/2006

22/02/2026

Non stop

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

2 Comments

  1. Votre texte résonne comme une veillée de langue, une écriture tenue « ce soir seulet », mais peuplée — Villon y est convoqué corps et voix mêlés. Autour de François Villon

    Vous ne le citez pas seulement :
    vous le malaxez.

    Villon : souillon, bouillon, haillon

    Ici, le nom devient matière sonore, presque gargouillis de syllabes, fidèle à ce qu’il fut : poète des bas-fonds, des lisières, des contradictions. La rime ne sert pas l’hommage sage ; elle relance la vie, elle remet Villon dans la rue, sur ce « boulevard du crime » où la poésie flirte avec le mauvais pas. Les femmes, la ronde, le jadis

    Grosse Margot Dames du temps / Jadis : Flora, Biétris, Alis.

    Vous faites se télescoper le Lais, la Ballade des dames du temps jadis, et la mémoire collective.
    Le mot baladent est juste : les ballades marchent, errent, traînent leurs jupons dans le présent. Le jadis n’est pas musée, il circule. Enterrement, carillon, liesse

    L’enterrement devient carnaval grave :

    Venez à son enterrement
    Venez faire la rime

    La poésie n’est pas prière mais rassemblement, presque attroupement nocturne. Entre effroi et liesse, vous tenez exactement ce point villonien où la mort ricane et où la vie insiste. Le temps et la date

    La double datation — 2006 / 2026 — ouvre une boucle :
    le poème ne cesse pas, il continue, non stop.
    Comme si Villon, une fois réveillé, refusait de se recoucher.

    .

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  2. RIEN NE M’EST SÛR QUE LA CHOSE INCERTAINE

    Personne à qui souhaiter
    Avant d’éteindre la lumière
    La bonne nuit
     
    Tu te rabats alors
    Sur un vers
    Puisé dans une ballade célèbre
    Qu’écrivit pour un concours
    François Villon
     
    Le vers oxymoron
    Va tourner dans ta tête
    Comme une forme amie
    T’aidant à te confier
    Au sommeil de Morphée
     
     *

    le vers titre de ce poème
    illustre le thème du concours de Blois
    destiné à la virtuosité de quelques poètes
    à qui l’hôte Charles d’Orléans
    anticipant les pratiques de l’Oulipo
    avait donné comme vers premier
    Je meurs de soif auprès de la fontaine

    Poésie mode d’emploi

    29 septembre 2019

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