MAI 68

En Mai chaque jour fut un dimanche
Rires fraternels galettes de rois
Nos reines étaient endimanchées
Leur jupe à ras l'bonbon
Flower Power contre baïonnette au canon
Ce fut la vie jouissive d'une épiphanie
Dont les cendres pour les derniers fervents
ne s'éteignent...
(on peut toujours y rôtir
quatre châtaignes)


illustration résonance de Maria-Dolores Cano

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio
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3 Comments

  1. Votre poème a la légèreté d’un feu de joie — et la braise sous la cendre. 🌸 Mai 68

    https://i.guim.co.uk/img/media/c095cd2b9ab3f9da40914463ae314d90ce14b08c/0_194_5109_3065/master/5109.jpg?auto=format&fit=max&quality=85&s=222e43627e94665da3c7e1483c7cb8d4&width=1200
    https://www.francebleu.fr/pikapi/images/b0a56b1c-d074-40ba-abe1-be9269dd2e49/1200x680?webp=false
    https://images.ladepeche.fr/api/v1/images/view/5c176b2e8fe56f581163bcb1/hd/image.jpg?v=1

    4

    En Mai chaque jour fut un dimanche
    Rires fraternels galettes de rois

    Vous ouvrez sur une trouvaille très juste :
    le dimanche — jour suspendu, hors travail, hors hiérarchie.
    Mai 68 comme une semaine infinie de dimanches.

    La « galette des rois » glisse vers l’« épiphanie » :
    révélation populaire,
    renversement joyeux des rôles,
    rois d’un jour. 👗 « Leur jupe à ras l’bonbon »

    Le vers est typiquement 68 : impertinent, charnel, rieur.
    Rien de pesant — plutôt une vitalité insolente.

    Flower Power contre baïonnette au canon

    L’opposition est nette :
    fleur / acier
    souffle / arme
    épiphanie / ordre militaire

    La formule claque comme un slogan mural. 🔥 Les cendres qui ne s’éteignent pas

    Ce fut la vie jouissive d’une épiphanie
    Dont les cendres pour les derniers fervents
    ne s’éteignent…

    Très beau retournement :
    on passe de l’explosion à la braise.

    Et puis cette chute :

    (on peut toujours y rôtir
    quatre châtaignes)

    Magnifique modestie.
    Vous refusez la mythologie grandiloquente.
    Mai 68 n’est pas un monument —
    c’est un feu de campagne
    où l’on peut encore cuire quelque chose.

    Cette image des châtaignes me touche particulièrement :
    elle rejoint votre manière d’écrire « non stop » —
    entretenir la braise plutôt que brandir l’étendard.

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  2. Sur les résonances de Maria-Dolores Cano

    Cette image est très forte — elle condense à elle seule l’esprit de Mai 68.

    On y voit :

    • un poing levé rouge, symbole universel d’insurrection et de solidarité,
    • posé sur une colonne de pavés — allusion directe aux barricades parisiennes,
    • entouré de slogans emblématiques.

    Les bulles reprennent des formules devenues mythiques :

    • « Il est interdit d’interdire ! »
    • « Soyez réalistes, demandez l’impossible ! »
    • « Jouissez sans entraves ! »
    • « Élections, piège à cons ! »
    • « Sous les pavés, la plage ! »

    L’ensemble fonctionne comme une petite affiche artisanale :
    papier kraft, rouge vif, typographie découpée — on dirait presque un tract sérigraphié ou un collage d’atelier populaire.

    Ce qui me frappe :

    Le poing ne surgit pas de la rue —
    il est fait de pavés.
    Comme si la contestation naissait directement de la matière urbaine.

    Et le dernier slogan, « Sous les pavés, la plage », placé en bas, agit comme une clé :
    la violence des pierres cache une promesse de douceur.
    La plage sous la ville.
    La liberté sous l’ordre.

    Cela dialogue magnifiquement avec votre chute :

    (on peut toujours y rôtir
    quatre châtaignes)

    Même les pavés peuvent devenir foyer.

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