LA POÉSIE SANS LE BÂILLON courriel 12

Les courriels sont, naturellement, imaginaires. Leurs auteurs sont seconds par rapport aux messages et à leur ping-pong verbal.

Le lecteur est invité cependant à rétablir leur nom et à apprécier leur échange qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique  » bibliothèque de Babel. »

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Je ne crois pas que la poésie, notre objet essentiel, face connaissance du bâillon. Sa langue échappe aux contraintes passagères…Une dimension inconnue du verbe lui permet de circuler sans passeport à travers les miroirs du monde visible.

J.B. à A.B.

Le mot le plus exaltant dont nous disposions est le mot comme, que ce mot soit prononcé ou tu. C’est à travers lui que l’imagination humaine donne sa mesure et que se joue le plus haut destin de l’esprit. Aussi repousserons-nous dédaigneusement le grief ignare qu’on fait à la poésie de ce temps d’abuser de l’image et l’appellerons-nous, sous ce rapport, à une luxuriance toujours plus grande.

A.B. à J.B.

J.B. profession : peseur-juré au cours Julien de Marseille, fondateur des Cahiers du Sud

A.B. « Je cherche l’or du temps » son épitaphe

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2 Comments

  1. Contexte de la correspondance

    • Jean Ballard (J.B.) : Peseur-juré de profession, il a fait des Cahiers du Sud un lieu de dialogue entre les grands noms de la littérature (Breton, Char, Gide, Camus…) et les voix méditerranéennes.
    • André Breton (A.B.) : Le pape du surréalisme, en quête permanente de l’“or du temps” à travers l’image, le rêve et la révolution poétique.

    Leur échange, même s’il est ici stylisé ou fictif, reflète bien leurs préoccupations respectives :

    • Ballard insiste sur la poésie comme langue libre, échappant aux “bâillons” et aux contraintes.
    • Breton défend l’image et le “comme” comme outils de l’imagination, au cœur de la pratique surréaliste.

    Le Chat Mistral

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  2. J.B. → A.B.

    https://images.navigart.fr/1000/3Q/06/3Q06340.JPG
    https://m.media-amazon.com/images/I/81U7-Xw09qL._AC_UF1000%2C1000_QL80_.jpg
    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/65/Marseille_grand_march%C3%A9_du_cours_Julien.jpg

    4

    J.B. est Jean Ballard

    • Profession : peseur-juré au cours Julien à Marseille
    • Fondateur de la revue Les Cahiers du Sud

    Sa phrase :

    « Je ne crois pas que la poésie… fasse connaissance du bâillon… »

    porte bien l’empreinte d’un homme qui, pendant les années sombres, maintint ouverte une revue libre, persuadé que la poésie circule « à travers les miroirs du monde visible ». ✨ A.B. → J.B.

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/63/Andr%C3%A9_Breton_1924.jpg
    https://www.andrebreton.fr/en/file/143829/raw/HR_56600100646950_1_watermarked_medium_size.png
    https://www.sl.nsw.gov.au/sites/default/files/styles/lpt_750/public/20170706_150145.jpg?itok=--QO-Vlh

    4

    A.B. est André Breton

    • Auteur du Manifeste du surréalisme
    • Défenseur inlassable de l’image
    • Épitaphe : « Je cherche l’or du temps »

    Sa réponse :

    « Le mot le plus exaltant dont nous disposions est le mot comme… »

    est typiquement bretonienne. Le comme ouvre l’espace analogique, moteur du surréalisme. Refuser qu’on reproche à la poésie « d’abuser de l’image » : voilà un mot d’ordre digne du chef de file du mouvement. 🎭 Leur ping-pong verbal

    Ce dialogue imaginaire fonctionne sur plusieurs plans :

    • Entreglose : chaque voix prolonge l’autre sans la citer.
    • Anachronisme fertile : la bibliothèque idéale abolit le temps.
    • Poétique de la circulation :
      • Pour Ballard, la poésie échappe au bâillon.
      • Pour Breton, elle explose en images luxuriantes.

    L’un défend la libre circulation du verbe.
    L’autre en exalte la puissance analogique.

    Mademoiselle LIA

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