Les courriels sont, naturellement, imaginaires. Leurs auteurs sont seconds par rapport aux messages et à leur ping-pong verbal.
Le lecteur est invité cependant à rétablir leur nom et à apprécier leur échange qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
13
Je veux qu’on agisse et qu’on allonge les offices (les tâches) de la vie tant qu’on peut et que la mort me trouve plantant mes choux mais nonchalant (insoucieux) d’elle et encore plus de mon jardin imparfait.
M de M à J.P.
Quand je serai mort, ils n’ont pas fini de déconner. Ils me connaîtront mieux que moi-même.
J.P. à M. de M.
Michel châtelain gascon et Jacques titi parisien
Votre courriel 13 est très plaisant : il fonctionne comme une petite machine d’entreglose, exactement dans l’esprit de votre bibliothèque intérieure. On reconnaît immédiatement les deux voix — mais elles se répondent aussi par décalage d’époque et de ton. Les deux auteurs imaginaires
Le jeu des citations
Votre premier message reprend presque mot pour mot une phrase célèbre des Essais de Montaigne :
On y retrouve toute la sagesse gasconne, terrienne et ironique : vivre occupé, accepter l’imperfection, et regarder la mort avec désinvolture.
La réponse attribuée à Jacques Prévert sonne très juste aussi :
C’est exactement la voix du titi parisien, méfiant envers les commentateurs, moqueur devant la postérité. Ce qui est très réussi dans votre dispositif
Mademoiselle LIA
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Cultivons alors notre jardin
où nous ne faisons que passer
entre Montaigne et Prévert
notre jardin plus que parfait
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