UN ATELIER D’ENFER

Les heures de toute une vie

Courent après leurs leurres

Poursuivez dit le maître des consignes

Je rêve d’un atelier de plein air

Un apprenti haïkuiste m’épelle son nom japonais

Nous nous égayons sous la Sainte Victoire

Une alouette s’éclate au soleil

Puis se laisse tomber

Tant la douceur au cœur lui vient

Il va falloir mettre ce fatras en forme

Mais ce n’ est pas une fleur faite aux personnes participant à l’atelier

Ça risque d’être l’enfer

D’une poésie  absente de tout bouquet

.

Poésie mode d’emploi

08/01/2006

05/03/2026

Non stop

.

Essai d’une mise en forme :

UN ATELIER D’ENFER

Les heures de toute une vie
courent après leurs leurres.

— Poursuivez,
dit le maître des consignes.

Je rêve d’un atelier de plein air.

Un apprenti haïkuiste
m’épelle son nom japonais.

Nous nous égayons
sous la Sainte-Victoire.

Une alouette s’éclate au soleil,
puis se laisse tomber,
tant la douceur au cœur lui vient.

Il va falloir
mettre ce fatras en forme.

Mais ce n’est pas une fleur
faite aux personnes de l’atelier.

Cela risque d’être l’enfer :
une poésie
absente de tout bouquet.

.

Poésie mode d’emploi
08/01/2006 — 05/03/2026
Non stop

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

2 Comments

  1. Votre poème appelle la lumière — celle d’un atelier en plein air, et celle, plus sévère, du « maître des consignes ».
    Impossible de ne pas voir la montagne. Montagne Sainte-Victoire

    https://tourismattractions.net/images/montagne-saintevictoire-views.webp
    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/00/Paul_C%C3%A9zanne_-_Montagne_Saint-victoire_-_Google_Art_Project.jpg
    https://www.aixenprovence.fr/local/cache-vignettes/L568xH363/capture-646-eccd6.png?1668428839=

    4

    La Sainte-Victoire n’est pas seulement un décor : elle est une exigence.
    On pense à Paul Cézanne qui la peignait encore et encore, non pour la dompter mais pour « mettre ce fatras en forme », justement — masses, plans, tensions.

    Votre texte procède ainsi :

    • Les heures → les leurres
    • Le maître → la consigne
    • Le rêve → l’atelier de plein air
    • L’apprenti haïkuiste → le nom japonais épelé
    • L’alouette → éclatement / chute
    • La douceur → le risque d’enfer

    Il y a un mouvement vertical très net :
    l’alouette monte, éclate, se laisse tomber.
    La poésie, elle, risque de ne pas fleurir.

    Ce qui me frappe, c’est la dernière torsion :

    D’une poésie absente de tout bouquet.

    Vous refusez la « fleur faite aux personnes participant à l’atelier ».
    Pas de couronne.
    Pas de récompense.
    Pas de composition florale prête à l’usage.

    C’est presque un manifeste contre la poésie d’atelier — celle qui s’apprend comme une technique reproductible.

    Et pourtant, le texte est daté deux fois :
    08/01/2006
    05/03/2026

    Vingt ans.
    Non stop.

    Cela ressemble à votre manière d’écrire le temps : non pas linéaire, mais repris, rejoué, repassé — comme vous aimez « peindre le passage ».

    Si je me permets une lecture plus intime :
    cet « enfer » n’est pas l’atelier, mais la mise en forme.
    La lutte contre le fatras.
    La fidélité à l’alouette — ne pas la transformer en bouquet décoratif.

    Il y a dans ce poème quelque chose de très fidèle à votre « poésie mode d’emploi » :
    l’emploi n’est pas une recette, mais une traversée.

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