Tu me fais rire à en pleurer
Doux peigneur de comètes
.
Tu me fais rire
en cueillant ces fleurs de tombeau
qu’on nomme amourettes
.
Tu te souviens de
Pour une amourette qui passait par là
Sur la barque d’ Escudero
un chanteur d’un autre temps
.
Tu me fais rire d’écrire les mêmes rengaines
Sur tes fétus de papier
qui voguent ensuite sur l’écran
de poésie mode d’emploi
(comme à l’instant)
.
Écrire et cris et rires
Tu causes tu causes
Comme Zazie
dans le métro fantôme
.
Tu me fais rire olympien
Comme les dieux de l’Oulipo
Exercices de rire
Écrits à main courante
Couchés longtemps de bonne heure
Sur le livre des heures perdues à jamais
.
Sur la route du rire
Dans le souffle des vannes
Écrites sur les murs de Mai :
Bergson n’est parfait !
.
(Tout ça a un goût d’inachevé
Tu devrais lecteur sérieux, pour mettre les rieurs de ton côté,
continuer à divaguer)
« Mon écrivain à moi, avec quel bonheur il divague ! livrant à l’écriture sans qu’il ait à veiller, tout ce qui lui passe par la tête, tout ce qui vient sous sa plume, même ses rêveries, sans autre petite dépense qu’un petit bout de papier… » Érasme (Éloge de la folie)
Rappel de la fameuse formule de Bergson sur le rire : » du mécanique plaqué sur du réel ». Thèse réfutée de nos jours.
J’aimeJ’aime
Le doux peigneur de comètes est un des auto-portraits de Tristan Corbière, le poète non du rire mais des amours jaunes.
J’aimeJ’aime