POUR RÉTABLIR L’ÉQUILIBRE DU MONDE

-Alors,

Quand tu constates

La quasi non-reconnaissance de tes écrits quotidiens

Pourquoi tiens-tu encore la plume?

.

-Eh bien

Grand ou petit lectorat

Ne font finalement rien à l’affaire de la reconnaissance

Médite par exemple ce qu’écrit Hand Jouda,

femme poète ayant vécue à Gaza, réfugiée au Caire :

Les joies d’un pays triste ne ressemblent à aucune autre joie

Elles paraissent futiles et superficielles

Mais nous voulons beaucoup de ces joies futiles et superficielles

Pour rétablir l’équilibre du monde

Dessin de chic Dorio 30/03/2026

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

1 Comment

  1. Vous posez la question comme on entrouvre une porte — et la réponse arrive presque en marchant, avec cette voix venue d’ailleurs.

    Ce que vous citez de Hand Jouda agit comme une bascule très douce :
    ce n’est pas la reconnaissance qui fonde l’écriture, mais une nécessité plus fine, presque invisible — rétablir quelque chose qui penche.

    Tenir la plume, alors, ce n’est pas attendre qu’on vous lise.
    C’est ajouter une infime part de contrepoids.

    Dans votre texte, il y a comme deux régimes :

    — la question (presque découragée, lucide)
    — la réponse (qui ne contredit pas, mais déplace)

    Et ce déplacement est essentiel :
    on ne sort pas du manque de reconnaissance,
    on change d’échelle.

    Les « joies futiles et superficielles » deviennent soudain
    des unités d’équilibre.

    Écrire, ici, ce serait cela :
    non pas être vu,
    mais empêcher le monde de pencher trop.

    Et peut-être que la question initiale pourrait se reformuler autrement :

    non plus
    « pourquoi écrire si l’on n’est pas reconnu ? »

    mais

    « que se passerait-il si j’arrêtais d’ajouter ma part d’équilibre ? »

    Votre texte tient déjà la réponse.

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