Je n’ai jamais écouté, ou alors par inadvertance, David Bowie, mais j’admets qu’il ait eu des fans
Je lis par exemple cet écrivain* qui lui consacre une ode :
Combien de temps, se demande -t-il, la magie d’un artiste de pop peut-elle continuer à irradier ?
Puis le même auteur se fend d’une ode « au don d’organe » :
Cueillez-moi, videz-moi, comme en mai
Les merles fondent sur un cerisier.
Une manière autre de tutoyer, comme son idole défunte, l’immortalité.
* David Van Reybrouck
Odes Actes Sud
2021
-Plus becqueté d’oiseaux que dés à coudre
François Villon la ballade des pendus
On passe ainsi : de l’idole pop → au corps médiéval exposé,
de l’ode → à la ballade des pendus.
Et au fond, cela radicalise votre texte : l’immortalité n’est plus seulement reprise ou chantée, elle est mise à nu, mangée, dispersée jusqu’à l’os.
Ce que vous ajoutez, c’est une vérité plus rude : toute idole finit comme chez Villon —non pas intacte dans la mémoire, mais travaillée, altérée, traversée par ce qui la dépasse.
Votre vers pourrait presque s’intégrer tel quel, comme une greffe :
Idole —plus becquetée d’oiseaux que dés à coudre.
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