RIRE ENFANTIN courriel 37

Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique  » bibliothèque de Babel. »

Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.

37

C.B. à S.F.

Le rire des enfants est comme un épanouissement de fleurs. C’est la joie de recevoir, la joie de respirer, la joie de s’ouvrir, la joie de contempler, de vivre, de grandir. C’est une joie de plante.

S.F à C.B.

L’euphorie que nous aspirons à atteindre par les voies du rire n’est rien d’autre que l’humeur d’une époque de la vie où nous avions l’habitude de faire face à notre travail psychique au prix d’une dépense somme toute minime, c’est l’humeur de notre enfance, un âge où nous ignorions le comique, étions incapables d’esprit et n’avions pas besoin de l’humour pour nous sentir heureux dans la vie.

C.B. le poète du vert paradis des amours enfantines

S.F. ou le célèbre docteur viennois; extrait de Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient

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2 Comments

  1. D’un côté, C.B., que l’on reconnaît comme Charles Baudelaire, fait éclore le rire comme une plante :
    une poussée naturelle, un élan sans calcul.
    Ce « rire enfantin » est pure expansion — il ne sait pas encore qu’il rit.

    De l’autre, S.F., c’est Sigmund Freud, qui ramène ce même rire vers une économie intérieure :
    le rire comme dépense, comme raccourci, comme souvenir d’un état ancien où l’effort psychique était moindre.
    Chez lui, l’enfance n’est pas une floraison, mais une condition perdue —
    un avant du comique, un avant de l’esprit.

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