« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les italiques sont des citations puisées dans l’œuvre du « disparu ».
Le reste est de l’auteur du blog « poésie mode d’emploi ».
DISPARITION
IX
H.M.
57
Le jour de sa disparition, le 19 octobre 1984, on pouvait lire sur le journal du soir
POÉSIE
Trois recueils de Marguerite Yourcenar Une triple rentrée pour Marguerite Yourcenar. Gallimard publie un de ses recueils de poèmes, les Charités d’Alcippe, dans une édition revue et augmentée.
LE » DÉSESPOIR ACTIF » de Christiane Rochefort
Une visite chez la romancière qui parle de ses détresses et de ses colères.
ODETTE LIT ET RELIE
Lorsqu’un livre me plaît, je trouve que la jaquette de la maison d’édition ne suffit plus. Est-ce parce que j’ai longtemps habillé des femmes ? Je vois exactement la » robe » qu’il faut aux livres… » Odette a déjà habillé le Grand Meaulnes, Rebecca, les Mots, trois Bodard. Du travail de professionnel, affirment les connaisseurs. Du travail d’amoureuse surtout.
LA NUIT REMUÉE
Le poète Henri Michaux est mort à l’hôpital de la Cité universitaire à Paris, dans la nuit du 18 au 19 octobre, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. Ne me laissez pas pour mort, parce que les journaux auront annoncé que je n’y suis plus…Je compte sur toi, lecteur, sur toi qui vas me lire, quelque jour, sur toi lectrice. Ne me laisse pas seul avec les morts comme un soldat sur le front.
58
Il hait les écrivains : des ornementateurs vaniteux.
« Un jour, dit-il, on inventera un appareil. Il n’y aura qu’à se mettre dedans. Il dira ce qui se passe en vous. Il fera reconnaître les vrais originaux, ceux qui ont de l’imagination. »
Il serait bien écrivain, car il a de continuelles inventions mais il voudrait les voir, non écrites, mais réalisées, et que nos conditions d’existence changent du tout au tout, suivant elles.
Il se gargarise peu de ses inventions, au rebours de l’écrivain, il veut voir l’impossible miracle, c’est-à-dire leur passage dans la vie. (C’est donc plutôt à la magie qu’il aspire)
. 59
Je lis un peu de Michaux avant de me lever matin de mon pucier Repos dans le malheur Je l’assieds sur ma page Et en fait mon bonheur
Emportez-moi celui-là je l’ai dit bien des fois Et même je l’ai mis en une chanson de vieille et douce caravelle
L’âge héroïque où Henri Michaux tout en jouant démantibule une à une les parties du corps des deux géants devenus frères ennemis Mais c’est gai comme Rabelais et presque pépère au contraire d’Homère (C’est Poumapi et Barabo au cas où vous auriez oublié le nom de nos deux héros)
Voilà mon exercice terminé
Il est temps que je me secoue les puces pour entamer ma nouvelle journée
Michaux c’est bon un peu pour la plume
Mais pas trop car alors on risque d’être attrapé par l’Opaque