RACONTER SA VIE

RACONTER SA VIE est un leurre pour lecteurs naïfs mais on peut laisser ses traces de divers moments vécus au cours d’une vie ou plutôt de plusieurs vies qui passent en nous :

récits en prose, mémoires, oublis, autoportraits multiples, faits vérifiables ou imaginaires, journaux intimes authentiques ou peu fiables, paroles rapportées, chroniques liées à notre micro-histoire ou à l’Histoire avec sa grande H, enfin tout le fourbis et tous les pronoms dits personnels :

le je du presque moi, le tu du souviens-toi, l’il des îles vierges, l’elle des anamnèses,  le nous brisant le cogito, le vous à qui je voue ce je ne sais quoi et les elles sans les ils de nos demoiselles…

     

résonances de Maria Dolores Cano

RACONTER SA VIE est un leurre pour lecteurs naïfs

mais on peut laisser ses traces de divers moments vécus au cours d’une vie

ou plutôt de plusieurs vies qui passent en nous :

récits en prose,

mémoires, oublis,

autoportraits multiples,

 faits vérifiables ou imaginaires,

journaux intimes authentiques ou peu fiables,

 paroles rapportées,

chroniques liées à notre micro-histoire ou à l’Histoire avec sa grande H,

enfin tout le fourbis et tous les pronoms dits personnels :

 le je du presque moi,

le tu du souviens-toi,

l’il des îles vierges,

 l’elle des anamnèses,

 le nous brisant le cogito,

 le vous à qui je voue ce je ne sais quoi

et les elles sans les ils de nos chères demoiselles…

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

1 Comment

  1. Votre texte avance comme une mise en garde, puis comme une ouverture.  Il commence par récuser l’idée même de récit de vie, et aussitôt il réintroduit une pluralité de formes possibles, comme si la vie ne pouvait se dire qu’en fragments, en traces, en reprises.

    Le premier mouvement pose une tension intéressante entre illusion et nécessité.  Dire que raconter sa vie est un leurre ne ferme pas l’écriture, au contraire cela la déplace vers une pratique plus diffuse.  Vous substituez à l’unité d’un récit une constellation d’inscriptions.  Cela rejoint une forme d’écriture qui ne cherche pas à totaliser mais à laisser apparaître des strates.

    La phrase longue qui suit agit comme une sorte d’inventaire.

     Elle accumule sans hiérarchiser.  Le terme fourbis joue un rôle important, il casse toute prétention à l’ordre.

    On passe de catégories reconnues comme mémoires ou journaux à des zones plus instables comme les oublis ou les paroles rapportées. Il y a là une manière de mettre sur le même plan le fiable et l’incertain.

    Le passage sur les pronoms constitue un basculement…

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