Il y a de longues années de vie paradoxale dans le moindre texte que l’on se donne l’illusion d’appeler poème
Il y a la vision de la pomme de Cézanne ou celle du voilier sortant du port d’Honfleur de Claude Monnet
Il y a la lecture d’un poète mexicain oublié qui oppose à l’héroïsme, au surhumain, du siglo de oro espagnol, la recherche d’une pudeur souriante (sonriente pudor)
Il y a le chant du bouvreuil dans la haie du jardin
L’oeil voyant dans la pâle lune du matin l’ébauche d’une méduse
Tout ce lent travail de suspens,
D’abord confié au papier
Puis jeté comme une pièce à pile ou face
Sur la surface d’un écran noir
Le poète mexicain s’appelait Juan Ruiz de Alarcon
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