Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.
JJ Dorio
57
P.R à A.
On ne se trompe pas sur soi sans se tromper sur les autres et sur la nature des relations que nous avons avec eux.
A à P.R
Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c’est que je consens, c’est que je ne cherche pas autre chose.
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P.R. (27 février 1913-20 mai 2005) philosophe Soi-même comme un autre, La mémoire, l’histoire, l’oubli, La métaphore vive
A. (3 mars 1868-2 juin 1951)philosophe formateur d’exception n’hésitait pas à écrire ses Propos sur le journal normand local
P.R à A.
On ne se trompe pas sur soi sans se tromper sur les autres et sur la nature des relations que nous avons avec eux.
A à P.R
Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c’est que je consens, c’est que je ne cherche pas autre chose.
P.R. (27 février 1913-20 mai 2005)
A. (3 mars 1868-2 juin 1951)
Derrière P.R., on entend très clairement Paul Ricœur, avec cette idée centrale : l’erreur sur soi engage immédiatement une erreur sur autrui, parce que l’identité est relationnelle, tissée. On retrouve l’écho de Soi-même comme un autre.
Et A., c’est Alain, dans sa manière de retourner la faute vers un consentement intérieur : le monde ne trompe pas seul, il faut que je m’y prête. On reconnaît bien le ton des Propos — cette lucidité presque sèche, volontaire.
Ce qui fonctionne très bien dans ton “courriel 57”, c’est le léger décalage :
Et entre les deux, il y a ce mot pivot : “se tromper” — actif chez l’un, passif chez l’autre.
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