MAI 68 UN ROMAN

MAI 68 UN ROMAN

Ce commencement qui n’en finit pas…

Séquence  6

IL Y AVAIT UN PIANO DANS LA COUR DE LA SORBONNE

Il y avait un piano dans la cour et un type qui jouait de la musique

Il y avait un piano dans la cour de la Sorbonne et tout autour des gus et des gonzesses qui déplaçaient les montagnes

Il y avait un piano sur le sable des rues dépavées

Il y avait un piano qui faisait un bœuf sur le toit de la Grande Utopie

Il y avait un piano forte et un pianiste fortiche qui mélangeait Monk et Bach

Il y avait un piano dans l’amphi et des filles en djin qui dansaient le jerk

Il y avait un piano dans la cour et des groupes de femmes alentour qui naissaient

Il y avait des idées nouvelles pour changer la vie changer la mienne avec la tienne la sienne la l’heur sur lesquelles soudain on pianotait

Il y avait un piano pour fêter ça

Parler à tous parler au mieux

Être soudain en capacité d’écouter des paroles contradictoires

Être ouvert aux choses inconnues au changement d’optique

Il y avait une musique dans l’air qui nous faisait créer des images et des métaphores

Sur les murs de la vie vite

Il y avait un piano

de la musique avant toute chose

qui parlait de prendre la parole

Comme on avait pris la Bastille…

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