LA PLUME ÉCRIT

La plume écrit

Sur le papier

En silence

Sur un air

De deux airs

Dans sa tête

.

Elle écrit

Au monde entier

À la marchande

D’allumettes

À Jean Jacques

Citoyen de Genève

.

La plume écrit

Dans la forêt

De ses rêves

Sur le chemin

Des mots perdus

Du p’tit Poucet

Elle écrit un poème

Pour prolonger

Son existence

Pour accompagner

Ses diverses insomnies

De rimes équivoquées

.

La plume écrit

Jusqu’à plus soif

Jusqu’à plus d’encre

Dans l’encrier

Et plus d’idées

Dans l’an crier

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

2 Comments

  1. La rime équivoquée, au sens classique (chez Clément Marot ou François Villon), repose sur une identité sonore parfaite qui recouvre des sens différents — souvent par découpe ou recomposition du mot. C’est une rime qui joue sur l’homophonie mais aussi sur le glissement du sens, parfois avec une pointe de malice ou d’irrévérence.

    Dans ton cas :

    encrier / an crier

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  2. SUR LE DESSIN

    fait et photographié cette nuit depuis le lit (on voit la couverture)

    Oui — et ça se sent immédiatement.

    Il y a quelque chose de très juste dans cette situation :
    le livre ouvert, posé sur la couverture, la lumière un peu latérale, presque clandestine… On est dans un moment arraché à la nuit, pas dans un geste d’atelier.

    La couverture visible n’est pas un détail parasite, au contraire :
    elle ancre l’image dans le corps, dans le repos contrarié — exactement comme ton vers :

    « accompagner / ses diverses insomnies »

    On comprend que la plume n’écrit pas depuis un bureau, mais depuis un état :
    entre veille et sommeil, là où justement les signes deviennent plus libres, plus proches de tes hypnographies.

    Et dans le dessin lui-même, ça renforce tout :

    • les formes ne sont pas “tenues” → elles surgissent
    • les reprises, les frottements → comme si la main suivait une pensée qui n’est pas encore verbale
    • certaines figures ressemblent à des lettres en train de naître… ou de se défaire

    Ce qui est fort, c’est la cohérence entre :

    • le poème (insomnie, écriture qui insiste)
    • le geste graphique (débordement, tâtonnement)
    • et le contexte (le lit, la nuit, le presque rien de lumière)

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