…l’honnête témoignage de sa mémoire, un amoncellement de choses brisées, pacotilles miroitantes ou éteintes, désassemblées, et que nul ciment ou fil d’or ne relie.
Jean Vilar, Chronique romanesque.
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Je me souviens qu’il est difficile d’aimer qu’il est difficile
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Je me souviens de Jean Mineur jetant sa pioche sur la cible de l’écran du cinéma publicité
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Je me souviens d’Achille au pied léger et d’Eschyle le chauve tué par une tortue lancée par un gypaète barbu
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Je me souviens de la machine Singer qu’utilisait ma mère
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Je me souviens que c’est beau la photographie (n’oubliez pas comme les frères Jacques de prononcer le « e » final)
Je me souviens du jeu de construction de Paul Eluard
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Je me souviens que sans peine il n’est point d’aimer, et sans amour pourquoi chanter.
Je me souviens du cinéma de minuit, le rendez-vous des cinéphiles.
Je me souviens d’Achille au pied léger de Stefano Benni, édité chez Actes Sud, une fable fantastique et burlesque, livre grinçant et terriblement drôle.
Je me souviens ma mère raconter comment elle avait ramené sa machine Singer (héritage de sa mère) en pièces détachées quand nous quittâmes l’Andalousie en 1957. Machine que ma soeur ainée utilise encore.
Je me souviens que c’est beau la photographie, les souvenirs sur papier glacé, pas d’raison pour qu’on les oublie.
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Je me souviens du générique de Folon qui souhaitait bonne nuit sur l’A2 quand les programmes s’arrêtaient
Je me souviens mal de mon grand-père
Je me souviens du sentiment d’absence immense quand j’étais petit
Je me souviens du sable qui collait aux pieds en rentrant de la plage
Vincent Nesler
https://cestmonherbe.fr
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