DISPARITIONS
« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.
Disparition XIV
Michel Leiris
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POUR LE MOMENT IL N’Y A PAS À EN FAIRE TOUT UN ROMAN
« Redisons-le, après d’autres, puisque la banalité mérite une place dans un éloge de la douceur : un écrivain, en tant que tel, est une sorte d’éponge informe, molle et fade. Qu’il ait, par ailleurs, des opinions, une personnalité, une culture, de l’intelligence, après tout, pourquoi pas ? Mais ce n’est pas ce qui détermine son travail. » Stéphane Audeguy (Éloge de la douceur)
Une disparition, certes, mais dans des circonstances si floues, qu’il faut laisser la primeur, pour le moment, à quelques lignes d’un échotier. Mais, quand même, à tout hasard, je note le nom et l’adresse : Pascale Charpelotte, place Henri Bergson, 8°.
Car autant le dire d’emblée, je suis dans cette phase inédite pour moi, où, après un premier roman qui a plutôt « bien marché », son éditeur m’a fait signer un contrat, dûment rémunéré, pour un second. Et donc, avant de m’y mettre vraiment, j’accumule les matériaux de récupération. Ceux que je lis dans mon journal, que je collecte copié/collé sur Internet, les faits-divers et les commérages, et ceux que je sors du bric-à-brac de ma boîte à outils personnelle.
Toujours assez émouvant les confidences d’écrivains, même si ça ne doit pas empêcher ses lecteurs de les ignorer.