LA NUIT ENCORE

La nuit encore

Toujours la nuit

Rien de voulu

Rien de choisi

Ni Oulipo

Ni Olympie

.

La nuit rumine

Sa poésie

Vous dire laquelle

Je ne sais pas

Si je savais

N’écrirai pas

.

La nuit

Toutes les nuits

Au bord du vide

Tissé d’histoires

Décousues

D’une vie

Où l’écriture

A pris

Une place démesurée

.

La nuit d’heures immobiles

Qui ne sont pas indiquées

Sur l’horloge ou le cadran

Ce qui les détermine…

.

Un rien

Rien de voulu

Rien de choisi

La nuit encore

Toujours la nuit

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

1 Comment

  1. J’aime particulièrement ce passage :

    « Au bord du vide
    Tissé d’histoires
    Décousues »

    Le vide n’est pas vide : il est textile. Tissé, mais mal tenu. Cela rejoint votre manière d’écrire en fragments — comme si la nuit défaisait autant qu’elle reliait.

    Et puis cette phrase isolée :

    « Une place démesurée »

    Elle arrive presque comme un aveu. Sans pathos, mais avec lucidité : l’écriture a pris trop de place — ou une place qu’on ne mesure plus.

    Enfin, la fin revient au point de départ, mais légèrement déplacée.
    Comme une boucle qui n’est pas tout à fait une répétition — plutôt une insistance :

    « La nuit encore
    Toujours la nuit »

    On n’en sort pas. Ou bien on n’a pas à en sortir.

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