COURRIELS
Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.
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J.B. à G.S.
En vérité nous avons l’impression de construire la toile, de la « créer », alors que c’est elle qui nous construit et qui nous crée.
Si nous y mettons tant d’acharnement et d’amour, est-ce parce que c’est notre image qu’à longueur de vie nous nous efforçons de discerner dans l’eau mouvante du tableau ?
G.S à J.B.
Le réel c’est ce que je n’avais pas vu avant et qui brusquement apparaît sous le pinceau ou le crayon. Le réel est pour moi la révélation, une forme, un signe que je ne connaissais pas. Recommencer éternellement la même toile, s’imiter soi-même c’est déjà la mort. Le réel c’est la toile que je ferai demain.
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J.B. (21 décembre 1904-4 mars 2001)
G.S. 11 février 1909-5 mai 1984)

J.B. Lune et oiseau de nuit 1947 130×97 cm

G.S. Arlequin 1948 73×50 cm