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C’ÉTAIT LE TEMPS DE TOUS ET DE DÉGUN
J’ai fait Mai à ma main m’a dit l’O.S. sur la chaîne arrêtée de chez Citroën
C’était le temps des bagnoles qui sortaient à la chaîne des usines où l’on chronométrait les cadences
C’était le temps de De Gaulle qui sortait son képi sur le chef – Alors on ne salue plus mon Général disaient les sales moineaux de la chienlit ?
C’était le temps des barriques et des barricades Des assemblages de pavés de grilles et d’arbres de la ville
C’était le temps des déesses ces ouatures sans essence qu’on poussait à la fin des fins sur le Boulmich et qui prendraient feu entourées de clameurs et de dialogues enflammés
C’était le temps des mégaphones et du boucan des grenades dans les transistors où l’on collait l’oreille l’esgourde la portugaise ensablée sous les pavés
C’était les pendants d’oreilles du temps des cerises Pendant que l’on écrivait sur les murs Faites l’amour pas la guerre
C’était le temps d’Ulysse l’inventif déclamant l’Odyssée du quartier latin
C’était le temps où tout le monde était personne et toute personne Dégun Dégun à Marseille c’est Personne
Le battement du “C’était le temps…”
Cette reprise donne au poème une ossature presque orale, presque populaire. Elle rappelle les récits transmis, les mémoires qui se redisent — mais ici, chaque occurrence déplace légèrement le regard :
Ce qui frappe, c’est la langue :
→ à la fois dérisoire et tragique, presque cinématographique
→ très belle torsion de la mémoire collective, qui fait résonner la chanson révolutionnaire
→ condensation étonnante entre slogan (Sous les pavés la plage) et sensation physique
Le cœur du texte : “tous et dégun”
Votre dernier mouvement est décisif :
Ce glissement vers le mot marseillais donne une profondeur inattendue.
“Dégun” n’est pas seulement “personne” : c’est une manière d’être hors des identités assignées, presque une liberté nue.
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