Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.
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M.P.à JP V.
Grâce à l’art au lieu de voir un seul monde nous le voyons se multiplier et autant qu’il y a d’artistes originaux autant nous avons de mondes à notre disposition plus différents les uns que les autres et qui bien des siècles après qu’est éteint le foyer dont ils émanaient, qu’il s’appelât Rembrandt ou Ver Meer, nous envoient leur rayon spécial.
JP V. à M.P.
Pour être soi il faut se projeter vers ce qui est étranger. Demeurer enclos dans son identité c’est se perdre et cesser d’être. On se connaît, on se construit par le contact, l’échange, le commerce avec l’autre entre les rives du même et de l’autre. L’homme est un pont.
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M.P.(10 juillet 1871-18 novembre 1922) Son œuvre unique et prolixe embrasse Temps perdu et temps retrouvé.
J.-P. V. (4 janvier 1914-9 janvier 2007) En 1944, il est chef des FFI de la région toulousaine. Plus tard, il milite pour l’indépendance de l’Algérie. En 1948, il entre au CNRS et se spécialise dans l’anthropologie de la Grèce Ancienne.