DISPARITIONS XVI jULES sUPERVIELLE

DISPARITIONS

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.

Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.

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Je sors de la nuit plein d’éclaboussures,
J’ai bien bataillé dans mon lit peureux,
J’en ai le corps plein de taches, de feux,
Sous les draps enflant encor leur voilure.
Porté dans l’espace et tout mélangé
Au ciel noir tordu de mille lumières,
J’étais à cheval et j’étais couché,
Et seul contre tous et criblé de pierres.
J’avançais toujours, le bois de mon lit
Faisait bouclier, me servait d’armure.
Mais le jour parut et je tournai bride
Sans qu’il y ait eu vainqueur ni vaincu.
Il faudra demain tout recommencer.



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