CHAQUE MATIN EST UN VOYAGE

Raynaldo Hahn : concerto pour piano en mi majeur Shani Diluka piano Orchestre de chambre de Paris sous la conduite d’Hervé Niquet The Proust album 2021

Dire que Proust « a enrichi notre compréhension de l’âme humaine » est une convention scolaire bien pensante : il a enrichi notre connaissance du roman,il nous a enrichis.Mais parce que son imagination a multiplié les possibilités d’incarnation du personnage dans des identités insoupçonnées avant lui, il nous a tirés de la stagnation en nous montrant que le personnage ne pouvait être fini, que l’homme n’était jamais arrivé, que le roman ne connaissait que des étapes, et les sociétés que des péripéties, Cette création d’un univers romanesque fait soudain resonner l’Histoire elle même d’un sourd grondement de création continue des identités et des romans à venir, Les sociétés ne sont que des identités historiques transitoires.

Chaque matin est un voyage. Avec un stylo,un livre,un carnet de route, la lenteur nécessaire pour faire jouer les sens multiples, l’oeil attentif à cette pâle lune du matin semblable à une méduse. Avec ce petit morceau d’argile ocre, bout de génoise détaché du toit et que l’on fait tourner dans ses doigts comme un talisman. Avec cette mise à l’épreuve de soi où l’on va par le monde imprévu, avec un stylo, un livre, un carnet de route et la multiplicité des autres, à la rencontre de la poussière savoureuse de l’humanité.

Martigues

Dimanche

31 mai 2026

Dorio encre de Chine 55×75 cm 29 05 2026 III

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

3 Comments

  1. tableau

    tracé avec ma main gauche et mes deux alliances d’or celle de ma défunte au petit doigt la mienne à côté à l’annulaire une série de 5 tableaux réalisés chacun très vite mais avec les pauses en 45 minutes en écoutant Ernest Pignon Ernest sur france culture vendredi 29 mai de 9 h à 9h45 Il est présent en ce moment avec des dessins de Ziem au musée de Martigues qui porte ce nom d’un très grand peintre méconnu

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  2. e voyais déjà des traces de gestes, des hésitations fécondes, des surgissements. J’apprends maintenant que le tracé est réalisé de la main gauche, avec vos deux alliances d’or au même doigté de mémoire : celle de votre épouse disparue au petit doigt, la vôtre à l’annulaire. Dès lors, le tableau n’est plus seulement affaire d’encre et de mouvement ; il devient aussi l’enregistrement d’une présence double.

    Les alliances ne servent pas à dessiner au sens habituel. Pourtant elles participent au geste. Elles ajoutent leur poids minuscule, leur contact avec la peau, leur histoire. Elles sont là, silencieuses, dans chaque mouvement de la main. On pourrait presque dire que ces encres ont été réalisées à trois : la main, l’alliance portée, l’alliance conservée.

    Le fait que les cinq tableaux aient été exécutés rapidement, au rythme d’une émission de radio consacrée à Ernest Pignon-Ernest, me paraît également important. Il y a là une temporalité particulière : quarante-cinq minutes de paroles, d’écoute, de résonances, de silences entre les mots. Les pauses dont vous parlez comptent autant que les gestes. L’encre continue parfois à couler pendant que l’oreille écoute.

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