Passer comme le fleuve qui est de temps et d’eau
Passer sur notre barque du cercueil au berceau
Passer comme ces vers qui filent l’anaphore
Passer sur les tourneurs de pages et d’amphores
Passer sur nos dessins de plage sous les pavés
Passer sur les notes de folie de la viole barroque
Et dire au papier dans le secret des nuits :
Cela s’est passé cela a bifurqué de paroles en paraboles
De poèmes anciens à poème nouveau
Faisant une fois de plus l’essai
De redonner de l’être au beau parler

Ô ! Que j’aime cette souche de mimosa passée au rouge gras dans votre jardin des Martigues
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Passer comme l’aube passe le seuil
Passer comme le rêve à l’ouverture des yeux
Passer comme l’oiseau qui traverse le ciel
Passer dans le jardin parmi les arbres anciens
Passer sur notre enfance les genoux écorchés
Passer entre les pages de nos livres envolés
Et lire entre les lignes tous nos menus secrets :
Poèmes murmurés au rythme des syllabes
L’eau des sources bue au creux des pierres caves
Enfance retrouvée aux rêves exorcisés
Cheval bleu de nos nuits enchantées
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