DISPARITIONS
« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.
Chaque Disparition se compose de sept fragments.
Ils paraîtront sur ce blog du lundi au dimanche,
pendant vingt-trois semaines,
soit cent soixante et un fragments,
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TOUS CES IMMENSES POÈTES
À Pierre della Faille
Tous ces immenses poètes qu’on ne connaît pas, qu’on ne connaîtra sans doute jamais, qui ont vibré dans l’ultra-son des longues plaintes enneigées comme tintent dans l’air glacé les barreaux de leur prison quand les gardiens éprouvent leur intégrité métallique d’un coup de trique, toutes ces vibrations enfouies sous la souffrance silencieuse, toi et moi, poètes assis et repus, nous savons qu’elles nous invitent à nous taire ; moins à ne plus bêler. Ni poèmes de satisfaction ni jérémiades ! Nous n’écrirons qu’au nom des étoiles dont nous sommes tombés. Et n’oublierons pas cette fumée si légère qui semble lointaine dès qu’elle apparaît, c’est le meilleur de notre parole, c’est ce qui veut aller plus loin que nous, vers l’insaisissable présence.