DISPARITIONS
« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.
Chaque Disparition se compose de sept fragments.
Ils paraîtront sur ce blog du lundi au dimanche,
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UN MOT
Quand il semble que tout semble dit
Et cet instant de pur poème
Une flamme y frissonne, qui déplie l’indicible.
Ce n’est qu’un mot, il défaille, il s’étiole,
Mais il défait l’accord d’un pli, ‘d’une assertion.
Pourquoi dès lors frémit et se trouble tel sens
Qui gisait, évasif ou trop vertement cru ?
Pourquoi la Revenante s’affirme si vivante
S’exaltant en ce lieu de grammaire et d’exil ?
Langue impure ! À la merci d’une rature
Elle mendie un béquet et se nourrit d’un mot,
Celui qui changera l’Absente en son essence,
Ruinera son parfum, sa vorace présence.
G.P. 18.19.XII.06
(poème manuscrit que m’a envoyé le poète le 20 décembre 2006)