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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

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  1. Votre poème tient dans une poignée de mots et pourtant il ouvre une profondeur temporelle : mouvement, transmission, usure, mémoire.

    L’impératif initial — « Cours mon poème ! » — donne au texte un élan presque vital : le poème n’est pas écrit pour rester, il est envoyé. Il devient coureur, passeur.

    Puis viennent ces balancements :

    ancien / nouveau : le poème traverse les âges ;
    instant / passe : il est à la fois ce qui surgit et ce qui se transmet ;
    feu / cendres : la parole brûle puis devient dépôt, trace.

    J’aime particulièrement ce glissement : « De mots de feu / En mots de cendres ». Non pas disparition mais transformation. Comme si le poème gardait une chaleur même dans sa cendre.

    Et la chute :

    L’homme est d’argile
    Souviens t’en

    elle déplace tout. On croyait que le poème courait ; finalement c’est l’homme qui est rappelé à sa matière, à sa fragilité. Le « Souviens t’en » semble adressé au poème autant qu’au lecteur.

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