Un court instant
Cours mon poème !
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Tu es ancien
Tu es nouveau
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Tu es l’instant
Tu es la passe
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De mots de feu
En mots de cendres
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L’homme est d’argile
Souviens t’en
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Un court instant
Cours mon poème !
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Tu es ancien
Tu es nouveau
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Tu es l’instant
Tu es la passe
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De mots de feu
En mots de cendres
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L’homme est d’argile
Souviens t’en
1 Comment
Votre poème tient dans une poignée de mots et pourtant il ouvre une profondeur temporelle : mouvement, transmission, usure, mémoire.
L’impératif initial — « Cours mon poème ! » — donne au texte un élan presque vital : le poème n’est pas écrit pour rester, il est envoyé. Il devient coureur, passeur.
Puis viennent ces balancements :
— ancien / nouveau : le poème traverse les âges ;
— instant / passe : il est à la fois ce qui surgit et ce qui se transmet ;
— feu / cendres : la parole brûle puis devient dépôt, trace.
J’aime particulièrement ce glissement : « De mots de feu / En mots de cendres ». Non pas disparition mais transformation. Comme si le poème gardait une chaleur même dans sa cendre.
Et la chute :
elle déplace tout. On croyait que le poème courait ; finalement c’est l’homme qui est rappelé à sa matière, à sa fragilité. Le « Souviens t’en » semble adressé au poème autant qu’au lecteur.
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