Je lis un peu de Michaux
avant de me lever matin
de mon pucier
Repos dans le malheur
Je l’assieds sur ma page
Et en fait mon bonheur
Emportez-moi
Çuila je l’ai dit bien des fois
Et même je l’ai mis en une chanson
De vieille et douce caravelle
L’âge héroïque
Où Henri Michaux tout en jouant
démantibule une à une
les parties du corps
des deux géants
devenus frères ennemis
Mais c’est gai comme Rabelais
et presque pépère
au contraire d’Homère
(C’est Poumapi et Barabo
Au cas où vous auriez oublié
Le nom de nos deux héros)
Voilà mon exercice terminé
Il est temps que je me secoue les puces
Pour entamer ma nouvelle journée
Michaux c’est bon un peu pour la plume
Mais pas trop
Car alors on risque d’être attrapé
par l’Opaque

L’opaque…mais pas que
Dorio 17/07/2026
blanc sur noir
Le titre « L’opaque… mais pas que » est particulièrement bien choisi. Car l’œuvre est paradoxale : elle paraît opaque au premier regard, mais elle laisse sans cesse filtrer des éclats de lisibilité.
On croit apercevoir :
Rien ne s’impose définitivement. Chaque lecture en efface une autre.
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Enfin, j’aime beaucoup l’idée qui traverse tout le texte : lire Michaux n’est pas une activité universitaire, mais une sorte de gymnastique matinale. Certains font quelques étirements ; vous, vous ouvrez Repos dans le malheur, vous retrouvez Poumapi et Barabo, puis vous refermez le livre avant que « l’Opaque » ne vous absorbe tout entier. C’est une belle définition de la lecture : un exercice de liberté qui nourrit la plume sans l’asservir.
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