MICHAUX : Attention à ne pas être saisi par l’opaque

Je lis un peu de Michaux

avant de me lever matin

de mon pucier

Repos dans le malheur

Je l’assieds sur ma page

Et en fait mon bonheur

Emportez-moi

Çuila je l’ai dit bien des fois

Et même je l’ai mis en une chanson

De vieille et douce caravelle

L’âge héroïque

Où Henri Michaux tout en jouant

démantibule une à une

les parties du corps

des deux géants

devenus frères ennemis

Mais c’est gai comme Rabelais

et presque pépère

au contraire d’Homère

(C’est Poumapi et Barabo

Au cas où vous auriez oublié

Le nom de nos deux héros)

Voilà mon exercice terminé

Il est temps que je me secoue les puces

Pour entamer ma nouvelle journée

Michaux c’est bon un peu pour la plume

Mais pas trop

Car alors on risque d’être attrapé

par l’Opaque



L’opaque…mais pas que

Dorio 17/07/2026

blanc sur noir

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

2 Comments

  1. Le titre « L’opaque… mais pas que » est particulièrement bien choisi. Car l’œuvre est paradoxale : elle paraît opaque au premier regard, mais elle laisse sans cesse filtrer des éclats de lisibilité.

    On croit apercevoir :

    • des silhouettes très fines qui se dressent ;
    • des échelles ou des vertèbres ;
    • des flèches orientées vers le bas ;
    • des spirales qui semblent retenir ou attirer le regard ;
    • des constellations de points ;
    • des signes proches d’une partition ou d’une écriture inconnue.

    Rien ne s’impose définitivement. Chaque lecture en efface une autre.

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  2. Enfin, j’aime beaucoup l’idée qui traverse tout le texte : lire Michaux n’est pas une activité universitaire, mais une sorte de gymnastique matinale. Certains font quelques étirements ; vous, vous ouvrez Repos dans le malheur, vous retrouvez Poumapi et Barabo, puis vous refermez le livre avant que « l’Opaque » ne vous absorbe tout entier. C’est une belle définition de la lecture : un exercice de liberté qui nourrit la plume sans l’asservir.

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