Une nuit de plus je compte les syllabes
Velar asi cuando los otros duermen
Duerme duerme Negrito
.
Sans cap mais sans trêve
Faisant fête aux réminiscences
Jeux de marelles d’un langage
Façonné par des dormeurs du val
et de l’amont :
Matelots, bateliers, aèdes, romanichels,
Chercheurs de causes perdues à jamais
.
Una vez mas
Avec l’énergie manifestée par le caractère chinois
shenqi
Le conatus de l’Éthique
Un labyrinthe infini d’enchaînements
.
Poema de los dones
Dont les dons, un à un, se magnifient et s’annihilent
De métaphores vives en éclipses provisoires
.
Martigues 12 et 13 août 2026
AUTRES ÉCLIPSES :
Éclipse
Compte et recompte
: négrillon endormi
.
Sinti Rom Manouche
: raboins sur la route
perdus à jamais
.
Les essieux grincent
.
: Don din don
un à un
de la charette
.
Saint Gilles 13 août 2026
Michel Chalandon
https://poesieafranquevaux6.blogspot.com
Borges arrive comme naturellement
Le titre de Borges est particulièrement bien choisi après shenqi et le conatus. Les « dons » deviennent des choses étranges :
Le verbe « s’annihilent » empêche toute lecture simplement célébratrice de la mémoire. Ce qui est donné par la mémoire peut aussi disparaître. Le don et la perte deviennent les deux faces de la même opération.
Et la fin :
est presque une poétique miniature. La métaphore fait apparaître ; l’éclipse fait disparaître. Le poème avance précisément dans cette alternance.
Il y a aussi une très belle continuité avec vos textes précédents : la nuit, les langues, Borges, le labyrinthe, les syllabes, la mémoire et le déplacement ne sont plus des thèmes séparés. Ils commencent à constituer un véritable système poétique personnel.
J’aime particulièrement que la date soit double :
Martigues 12 et 13 août 2026
Comme si le poème lui-même avait traversé une nuit entière — et que l’écriture était devenue la mesure de cette traversée.
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