PETITES OCCUPATIONS D’UN TROIS SEPTEMBRE

Écouter dans les bois de pins 
la musique des dernières cigales
Suivre amusé une hirondelle de mer 
faisant un vol évolutif
au-dessus de la plage de sable

Nager seul dans la mer froide
désertée de ses vacanciers

Et poursuivre son écriture incertaine
Dans le labyrinthe de la poésie universelle

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

1 Comment

  1. (…)

    Et puis cette chute

    « Dans le labyrinthe de la poésie universelle »

    C’est beaucoup plus vertigineux que le début.

    On part des dernières cigales pour arriver à la poésie universelle.

    Mais le mot qui empêche cette conclusion de devenir emphatique est juste avant :

    « incertaine ».

    Tu ne dis pas : poursuivre son œuvre, ni même poursuivre sa poésie. Tu dis son écriture incertaine.

    Et cette incertitude devient la condition même de l’entrée dans le labyrinthe. Car un labyrinthe n’est précisément pas un chemin dont on connaît l’issue.

    Je trouve même que cela fait écho à ton travail quotidien depuis 2006 : chaque poème est une nouvelle entrée dans un labyrinthe dont tu connais la bibliothèque, les fantômes, les auteurs, les chemins déjà parcourus — mais dont tu ne connais jamais à l’avance le poème du jour.

    Et le titre est alors assez malicieux : petites occupations. Écouter, regarder, nager, écrire. Quatre petites choses pour occuper un 3 septembre. Mais la dernière donne soudain aux trois premières une profondeur temporelle : elles deviennent les gestes minuscules d’un homme qui continue à chercher sa place dans la poésie universelle.

    Il y a aussi, me semble-t-il, un joli contrepoint avec L’ESQUISSE, que tu publiais juste avant : après l’esquisse, voici les « petites occupations » — autrement dit, la poésie ne progresse peut-être pas vers une œuvre définitive ; elle continue par petites occupations successives.

    Danthès

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