

MON EMBRYON
Moi en plusieurs mois
Ou l’embryon jusqu’à
la dernièrere enveloppe terrestre
.
Moi triple idiot tel jour
et génie tel autre
Pétant le feu
Nageant de page en page
Ou vulnérable
à la merci d’un chirurgien
sur la table de dissection
des parapluies et des machines
à en découdre
.
Avec la bêtise ou plutôt la connerie
toujours d’atmosphère
.
Mosaïques éparpillées
sur un sol aréneux
que ne relie aucun fil d’or
La fin :
Mosaïques éparpillées
sur un sol aréneux
que ne relie aucun fil d’or
est presque une définition de ton écriture. La mosaïque suppose des fragments, mais la mosaïque classique possède une composition et un liant. Ici les morceaux sont « éparpillés » et surtout aucun « fil d’or » ne vient les réunir.
Et cela rejoint très directement le dessin : ses lignes se croisent, certaines semblent construire une figure, d’autres la défont. On croit reconnaître un visage, un corps, une cellule, un cordon, puis la reconnaissance se défait.
Le dernier vers refuse donc au lecteur la consolation d’une unité retrouvée.
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Bonjour. L’être humain une matière en devenir, fragile, multiple, contradictoire. J’y entends à la fois le vertige de naître, de se chercher, de se défaire et de se recomposer.
Et puis cette fin « Mosaïques éparpillées sur un sol aréneux que ne relie aucun fil d’or » me laisse une impression de solitude, mais aussi de beauté.
Merci
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J’apprécie votre commentaire. Si vous écrivez un texte poétique sur le même thème, je me ferai un plaisir de le poster sur mon blog « poésie mode d’emploi ».
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J’ai été l’embryon dont je ne sais plus rien aujourd’hui. L’enfant de cinq ans dont je me souviens si peu. L’adolescent dont j’ai oublié tant d’émotions. Le sentiment d’identité émerge d’un remodelage permanent de la mémoire par l’apprentissage de la nouveauté. S’émerveiller, entreprendre, découvrir, recommencer autrement, nécessitent sans doute une part importante d’oubli, d’abandon, de recomposition, de recréation…
Jean-Claude Ameisen La sculpture du vivant
*
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