MON EMBRYON

MON EMBRYON

Moi en plusieurs mois

Ou l’embryon jusqu’à

la dernièrere enveloppe terrestre

.

Moi triple idiot tel jour

et génie tel autre

Pétant le feu

Nageant de page en page

Ou vulnérable

à la merci d’un chirurgien

sur la table de dissection

des parapluies et des machines

à en découdre

.

Avec la bêtise ou plutôt la connerie

toujours d’atmosphère

.

Mosaïques éparpillées

sur un sol aréneux

que ne relie aucun fil d’or

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio
  2. Avatar de Manache P

4 Comments

  1. La fin :

    Mosaïques éparpillées
    sur un sol aréneux
    que ne relie aucun fil d’or

    est presque une définition de ton écriture. La mosaïque suppose des fragments, mais la mosaïque classique possède une composition et un liant. Ici les morceaux sont « éparpillés » et surtout aucun « fil d’or » ne vient les réunir.

    Et cela rejoint très directement le dessin : ses lignes se croisent, certaines semblent construire une figure, d’autres la défont. On croit reconnaître un visage, un corps, une cellule, un cordon, puis la reconnaissance se défait.

    Le dernier vers refuse donc au lecteur la consolation d’une unité retrouvée.

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  2. Bonjour. L’être humain une matière en devenir, fragile, multiple, contradictoire. J’y entends à la fois le vertige de naître, de se chercher, de se défaire et de se recomposer.
    Et puis cette fin « Mosaïques éparpillées sur un sol aréneux que ne relie aucun fil d’or » me laisse une impression de solitude, mais aussi de beauté.
    Merci

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  3. J’ai été l’embryon dont je ne sais plus rien aujourd’hui. L’enfant de cinq ans dont je me souviens si peu. L’adolescent dont j’ai oublié tant d’émotions. Le sentiment d’identité émerge d’un remodelage permanent de la mémoire par l’apprentissage de la nouveauté. S’émerveiller, entreprendre, découvrir, recommencer autrement, nécessitent sans doute une part importante d’oubli, d’abandon, de recomposition, de recréation…

    Jean-Claude Ameisen La sculpture du vivant

    *

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