Sans doute la persévérance d’une voix est-elle l’unique vraie justification de la poésie …
A.M. (un lecteur obsessionnel de La divine comédie)
Une voix sans personne écrivait Jean Tardieu (un poète du feu de Dieu)
L’inflexion des voix chères qui se sont tues (chères au pauvre Lélian)
Je ne me suis jamais dit poète, mais je les lis depuis l’enfance et il n’est pas un jour, ou plutôt une nuit, comme celle-ci où je n’invente une manière de poème.
Je suis au pied du mur, partant du vide, puis d’une première ligne, cherchant voix et voie, rimes et rythme, attendant, hésitant, puis lâchant les chiens sur la trace d’une ballade, d’un sonnet, ou d’une forme indéterminée…
Je l’abandonne, je la reprends, elle m’oblige à cogiter, à la moquer, tant elle fait l’ânesse pour faire un foin à ne pas mettre dans les râteliers des poètes en herbe.
Mais au matin, peu ou prou, finis les aller-retour, les ajouts, les repentirs, le counto es acabat.
La voix pendant longtemps n’a parlé qu’au papier, aujourd’hui elle est postée sur l’écran noir de mes nuits blanches comme chantait el maestro Nougaro.
Sans doute il faudra réécrire tout cela ou l’effacer d’un clic.
La voix est vaste ivre d’absence
Et l’amertume est douce et l’esprit clair

Une voix
Dorio
27/10/2026