LES TERCETS D’UNE NUIT

Les tercets d’une nuit

Ombres démesurées

Que le stylo écrit

.

Les tercets d’une nuit

Fouillis d’ images et de mots

Qui cavalent sans bruit

.

Ou qui sont en attente

Un stylo noir figé

Entre les doigts d’une main

.

Les tercets éclatés

Vociférés ou tus

Par une voix sans personne

.

Tu te souviens

Des livres anciens

Sur le duende

.

De la terre bleue

Comme un orange

Et de nos vers partagés

.

Uniques et sans appel

Multiples dans la nuit

Portés de trois en trois

.

Trois p’tits chats

Chats chats

Chapeau d’paille

.

Etc

ÉCRIRE UN POÈME

Écrire un poème

Mais pourquoi donc ?

La question ne se pose pas

.

Écrire un poème

Ça n’a pas de nom

Ça dialogue avec son daimon

Et ça renverse les dieux

Cul par-dessus tête

.

Écrire un poème

Sans se presser le citron

Ou la maltaise

.

Écrire un poème

Qui est venu à toi

Flottant dodelinant

.

Écrire un poème

Par hasard et nécessité

Naturel et grâce infuse

.

Écrire un poème

Qui parle au papier

Comme au premier venu

.

Écrire un poème

Qui plie et ne rompt pas

Fragile flexible

Comme un roseau

.

Écrire un poème

À l’écart en retrait

Soi-même comme un autre

.

Écrire un poème

Pour voir pour la voix

Pour usant et abusant

Des mots chercher sa voie

JE CHERCHE

Je cherche les yeux fermés

Les larmes des poèmes

Des autres dans mes vers

.

Je cherche un mur pour pleurer

Chante Anne Sylvestre enragée

Par la mer gelée au cœur

De ses contemporains

.

Je cherche rien de plus

Je cherche rien de moins

De la cave au grenier

Je cherche l’or du temps

.

Je cherche Monnet à Saint Lazare

Et Guillaume Apollinaire au Départ

.

Je cherche l’inspiration

Le duende des gitans

Qui part des pieds

Pour irriguer le corps

Jusqu’à la tête

.

Je cherche en traçant

Un cercle de craie

Autour de la musique

Créée par prélèvements

Des neuf symphonies

De Ludwig van

.

Je cherche une issue

À ce texte perdu

Dans le labyrinthe

Des blogs d’une poésie

Ininterrompue

QUAND TU T’ENNUIES

Quand tu t’ennuies

Tu écris le mot poème

De ta petite écriture

fine sur une carte rouge

bleue verte ou caca d’oie

.

Silence poème bouge encore

.

La formule n’est pas terrible

tu te dis

Mais personne à part

le maigre lectorat

du blog poésie

mode d’emploi

ne la lira

.

Poème remède à l’ennui

Tu dis ça pour la forme

Qui dépasse celui qui l’ex

prime

.

Oui cette dernière strophe

on ne peut plus boiteuse

C’est en prime

.

Fait aux Martigues

la nuit qui débute

le 5 mai 2025

LE SOUFFLE D’UN SONNET

Quelques alexandrins ça repose des brumes

Des bruits de la cité des querelles intestines

Du fracas des télés que les pauvres allument

Pour écouter Machin nous parler de Poutine

.

Quelques alexandrins on peut casser la rime

Ainsi fait le poème indigne du désir

très pur qui le dicta mais enfin il existe

On l’atteste on l’affirme la plume à la main

.

Sur l’ardoise du temps les mots hantent les choses

Le chaudron de Chardin la chaise de Van Gogh

La pipe de Magritte la lampe de ta chambre

.

Avec le cœur vibrant de la mer sous la lune

Une chanson de mai d’un Brésilien sublime

Le rythme et le souffle présents dans ce sonnet