SOUS LE FORT DE BOUC

Je n’hésite jamais plus quand j’écris ainsi J’ai hésité naguère et même parfois raturé Je ne savais pas alors me préparer Être prêt à accueillir les lignes de mots qui composent les poèmes de nos vies Je n’hésite jamais mais ma page – cette page-là par exemple – peut demander pour s’écrire un temps très long Je la quitte des yeux Vois sans bien le regarder le paysage – une torchère, de petits bateaux et leurs sillons dans la passe maritime sous le Fort-de-Bouc – Et aussi pour faire peau neuve – ou peut-être plus simplement faire la peau au texte – Je laisse là ce frêle essai à reprendre un jour… ou jamais

1er janvier 2025

POUR ANTONIO TABUCCHI

Probablement n’ai-je pas encore résolu le dilemme de savoir sil s’agit d’un sentiment de culpabilité à l’égard du monde ou plus simplement d’un manque d’élaboration du deuil. A.T.

Mais elle est sans merci la mort qui frappe à l’aveuglette et ensuite que fait celui des deux qui reste ?

Pour l’instant il s’est mis en tête de lire jusqu’au bout Pour Isabel le roman posthume d’Antonio Tabucchi

Il ne sait pas ce que l’écrivain italien, lusitanien et français, avait lui-même dans la testa, en sous-titrant son récit un mandala

En attendant depuis la page 68 l’endeuillé écoute en sourdine Billie

C’est venu de l’épisode  » boîte de jazz » où l’on entend Everithing Happens to me en hommage à Sonny Rollins qui n’en finit pas de faire mourir ses ballades

Tout arrive et je ne doute pas qu’Antonio Tab. aurait été curieux de la confusion entre Isabel disparue sous Salazar et Billie Holiday une voix pour cent vies

Toi être en peine d’esprits en inadéquation avec le réel qui t’entoure  Toi devoir demander purification aux génies de la forêt

Il y a dix ans que j’ai laissé en plan les paragraphes que je viens de relire et partiellement de réécrire.

Depuis le temps, qui sait, mon écrivain mort a expérimenté d’autres coutumes et aventures modifiant son écriture.

Il est temps de conclure ce mandala là, par un point d’inachèvement

Martigues 1er de Janeiro 2025

BONNE ANNÉE 2025

Les portes de la nuit se sont ouvertes sur l’an nouveau

Janus un œil collé sur l’année écoulée en a franchi le seuil en pointant son autre œil sur le futur inconnu

Meilleurs vœux entend-on dans le tumulte des villes

Ou sur les lèvres des ami.e.s qui gentiment balbutient

Bonne année Bonne année Bonne année

Qu’ajouter ?

L’olivier millénaire du pont du Gard vous souhaite de vivre en paix

Photo prise le jeudi 26 décembre 2024

« l’aube est dépassée sur le champ des oliviers »

Merci pour cette photo et les vœux de Dominique depuis Cotignac dans le Var

Ici écrit Laure-Anne c’est le petit renard du matin et les brumes anglaises qui te transmettent mes vœux

Et maintenant un poème envoyé par Danielle 
Une nuit à  se dire
A sourire et rêver
D ' une année
sans heurts
Jour après jour
Dessiner le tableau
Sensible et mouvant
De nos utopies
Et saluer ensemble
Le passage du temps


Bonne année
Répète l'écho
Tous mes voeux
Tous mes voeux ...

Dans ces simples mots
Nous semons
Nos espoirs
Et conjurons
nos craintes


Un petit feu de joie
Pour inventer
L aurore

A contre-jour
A contre- -nuit
Dans l'entrebâillement
Des mâchoires violentes

de nos Histoires
Nous échangeons
Nos disettes
Nos recettes
Et le pain de l' amitié


Il neige au-dehors
Les infos ordinaires
De la paix et
des guerres
Et que dire
Qui ne soit dérisoire
"On fait avec
On résiste avec "
Dit Tatiana journaliste
Ukrainienne

L' année
qui commence
Ouvre le livre
Des doléances
Nous recherchons
À tâtons le goût
De la fête
Bonne année !
Meilleurs vœux !


Danielle Nabonne

UN POÈME PAR JOUR

J’ai toujours estimé la poésie comme un somptueux banquet où chacun est le bienvenu Joachim du Bellay

Un poème par jour

C’est une hygiène de vie

C’est ma résolution

Pour traverser les nuits

Dans la forêt des pages

De l’an difficile qui va nous traverser

Un poème par jour

Que l’on apprend par cœur

Sois sage o ma douleur

J’ai tant de souvenirs

Que petit à petit

Les poèmes y font leur nid

Dernier jour de l’année

S’allument nos falots

Portant semences et fruits

Poèmes papillons

Comme un battement d’ailes

Pollinisant l’esprit

Martigues 31/12/2024

TRADUIT DU SILENCE

Traduit du silence

Autour de minuit

Au fil de la plume

Qui crie chante rit

Silence On tourne

Sept fois ses murmures

En autant de sources

De récits mythiques

Traduits des Écritures

Des contes d’hiver

De la bouche d’où sortent

D’obscures illuminations

Et à la fin

Que comprendre à ces paroles

Il faut qu’elles fuient et volent