UN TREIZE OCTOBRE  À MIDI

Encore un truc de fou

Ce treize octobre à midi

Écrire en croquant un dernier grapillon du raisin de sa treille

À l’ombre de son grenadier tant le soleil tape

Écrire une phrase qui prend la forme de deux ou trois vers

Je déteste les gens qui prennent au sérieux

Leurs écrits vains

En écrivant moi je respire

Je m’oublie

Je lâche prise

Je n’écris pas

Je peins le passage

Pour mes lectrices

Et mes lecteurs

Figures en absence

Que ma plume réinvente

L’ARC ET LA CIBLE

Je ne sais pas comment va se terminer ce bref écrit

Certainement pas par il a deux trous rouges au côté droit

Je ne sais pas trop comment poursuivre ces balbutiements entre le Dormeur du val, le feu et la parole, la nuit noire et l’essai de la transfigurer

Et, en définitive, la tentative de faire disparaitre ce je ne sais pas

Je sais qu’il faut tirer la flèche sans voir la cible et en souhaitant qu’elle apparaisse au dernier moment

NOUS LES INACHEVÉS

C’est un recueil de poésie d’exception que nous invite à lire Jacqueline Saint-Jean.

Elle l’a composé, mis à jour, en 2023 et 2024, il vient de paraître aux éditions La Feuille de thé.

Nous les inachevés en est le titre. Le recueil est scindé en trois parties : Nous les intranquilles (16 poèmes), En nous l’humus et l’horizon (12 poèmes), Nous les inachevés (12 poèmes).

Nous en donnerons une lecture plus personnelle, mais en attendant, en voilà trois exemples, qui devraient vous inciter à commander le livre dare dare.

JJ Dorio 11/10/2025

Nous qui naissons tête renversée

les yeux noyés dans la blancheur

d’un monde aveuglant et confus

premier cri déchirant le corps

les doigts repliés sur le perdu

(texte d’ouverture 1° partie)

.

En nous l’humus et l’horizon dense des années

multiples vies sédimentées

Grisailles griseries et brisures

où parfois dans le noir de mémoire

voir éclore un arbre de lumière

(ouverture 2° partie)

.

Nous les passants les inachevés

éteignant dans la langue et le vent

ce grand corps de sable qui s’éboule

entre nos doigts noircis désirants

insuffisants face à l’infini

(poème ultime )