COMMENCER COMMENT C’EST ?

Ce commencement qui n’en finit pas

Commencer sans garantie d’aboutir à une écriture réussie qui nous transcende : un poème rythmé par un doute bienfaiteur

Comment c’est alors sur la page où l’on opère à cœur ouvert ?

Commencer ce tout petit massage ce message sur le sable que va effacer quand elle reviendra la mer

QUI ME RETIENT QUI ME FAIT AVANCER

Je ne dis les autres sinon pour d’autant plus me dire. Michel de Montaigne

Qui me retient ? Qui me fait avancer? Allez savoir Ce sont peut-être les mêmes personnes bonnes aux deux fonctions Prenez en premier les poètes d’autrefois les pouetpouets des poèmes  écrits au cordeau que nous écrivions sur le cahier de poésie avec nos doigts de rouge gorge ou de corneille never more Nous les récitions nous balançant d’un pied sur l’autre avec la ferveur des novices Passez ensuite aux philosophes aux filous pondant leurs zofs Ceux des livres consacrés et ceux cons sacrés inscrits sur les murs de Mai 68 Notre vie est composée comme l’harmonie du monde de choses contraires comme autant de tons divers doux et âpres aigus et obtus mous et graves Et puis après la poésie et la philosophie il y avait l’amour qui sourd l’amour passion l’amour illusion l’amour dun mour embrassant la mort l’amour d’un jour el amor de don Quichotte de la Manche et l’amour de la vérité qui nous propulse  encore vers des découvertes inespérées

JOUER EN MURMURANT LA POÉSIE D’OCTOBRE EN VERS DÉMESURÉS

Spontanément je joue

Je joue aux cartes, au ballon prisonnier, au jeu de l’inspecteur Gadget, je joue à  l’allumeur de réverbère, je joue à  écrire des textes sans e, je joue à consonne voyelle, je joue à la sorcière bien aimée, je joue à la chanson du mal aimé  je joue aux osselets,  je joue à qui perd gagne, au jeu de la mourre, à  saute brebis, je joue à l’escargot qui va à l’enterrement d’une feuille de chou, je joue à loup y es-tu,  je joue à imiter avec la bouche tous les animaux du zoo, je joue à reconstituer tous les puzzles de la vie mode d’emploi, je joue de la cave au grenier,  je joue des onomatopées, je joue contre joue au bal de ma première boum, je joue du trombone et de l’ hélicon, je joue à l’idiot du village, je joue à murmurer la poésie d’octobre en vers démesurés.

AU DOS DES CARTES POSTALES

« Et pour finir ces formules sans poids qui me navraient,

Ton père affectionné, ma grande, et tous ces bons baisers,

Au goût de colle, de buvard et d’encre violette.

Jacques Réda (La fête est finie)

Tant de temps a passé, tu lis au dos de cartes postales des messages qui parlent sans trêve du bonheur d’exister. On t’avait écrit de Bretagne,  de Catalogne, du Pays Basque, d’Italie (de Firenze précisément)  et même, bien qu’à l’époque ce n’était pas fréquent, de New York. Bons baisers de Barcelone, Sous la statue de la Liberté j’écris ton nom,  Tonnerre de Brest comme dit Françoise. On est confondu par tant de banalités. On est ému aussi en suivant l’écriture unique, issue d’une main qui, à défaut d’être solaire, portait les marques d’un apprentissage scolaire.

Tant de temps a passé, mon cher ami, bien chers tous, ma chère fille, mon amour.

Je pense à toi, je pense à vous deux,  je vous embrasse,  cent mille bacci, je te salue, ciao.

une carte postale électronique venue d’Ozon Hautes Pyrénées le 20 octobre 2024