Après que derrière la montagne il a disparu son ombre encore sur la cime traîne sa bosse tel un vieux soleil de théâtre
Tristan Felix
Le poète a’xiste pas
C’est rin
Dit l’un
Poète te pend au nez
C’est quelques vers
Tirés comme le lait
Des nouveaux nés
Dit la maman des poissons
Et quoi encore ?
Le poète est coi
Prolixe et bègue
Plumes de l’oiseau Phénix
Qui survole sa page d’écume
Par temps de détresse
Et de vents contraires
Oubliant toute mesure
Procédés procédures
Que lui dicte la nuit féconde
Hors de facilités
Pas de patins glissant
Sur le parquet ciré
De ses poèmes
Semences d’or
Marée verbale
Mais quoi encor?
Ces petits riens
D’un instant précieux
Qui a donné
Cette page fragile
D’un inédit
Dans ce monde marchand
Où la moindre chanson
Se vend comme cochon
Cette page dont personne
Ne semble plus connaître
Le long travail suspendu
Élaboré au mieux
Au miel de l’espèce
Butineuse imaginante
Tresse des anonymes
Qui se donnent l’illusion
De participer à la recherche
De leurs mots manquants
Sur leurs carnets sacripants
Londres une nuit sans demi-brume
18 juillet 2024
Une première version
a été publiée
dans la revue éphémère
La Passe
de l’été 2016
Dont le thème le poète existe-t-il
permit à quatorze participant.e.s
d’accoucher de leurs métamorphoses
apparaître verbal
et souci d’Exister
en parlant au papier