Je n’y comprends rien
et je n’y vois goutte
Mais je m’en accommode
C’est ainsi
C’est ainsi que le monde
file du mauvais coton
C’est ainsi que les mots
forgent leurs oxymorons
C’est ainsi que je flotte
Dans le brasier des ombres

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Je n’y comprends rien
et je n’y vois goutte
Mais je m’en accommode
C’est ainsi
C’est ainsi que le monde
file du mauvais coton
C’est ainsi que les mots
forgent leurs oxymorons
C’est ainsi que je flotte
Dans le brasier des ombres

J’ai eu des amis rimailleurs
Qui désormais riment ailleurs
Avec les vers du cimetière
Rimailleurs rimassant leurs rimailles
Dont à la fin ils sont marris sans maille
Écrit Marot pour que sa rime aille
Mari j’étais moi aussi d’une belle Ève
Qu’un méchant cancer
(c’était il y a onze ans)
achève
Dessinant ce visage sans lèvres
Par où commencent les ténèbres…
Et les crises de vers
Chante la Plante
Sois pas gnangnan
Chantait Trenet
À Perpignan
Rimbaud portait
à la nature en fleur
son front saignant
Et chez Apollinaire
C’était le cœur
Qu’il perdait souvent
Sauf l’honneur
Disait-il
Se souvenant
de Marignan
Lefranc de Pompignan
Poète académique
Lisant ces rimes en -gnan
S'écrie :
Ce sont vers de bougnan !
Dans un virelai du poète Claude le Petit
On voit Nymphe Gentille qui sautille et pétille
Croustille broutille folâtre et gambille
Virelai et ballade où l’on vibrait à l’unisson
Le garçon pour la fille la fille pour le garçon

Mon ange en miaulant s’assied sur mes genoux
Étrange dit Queneau
Être âne réplique Prévert
On a les deux pieds dans la fange
Il est temps de sortir une histoire de rechange

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