FACE AUX MEURTRES DU HAMAS

CERTAINS SILENCES M’ONT TERRASSÉE

Delphine Horvilleur

Dorio Encre de chine et marouflage (50×70) 22/10/2023


J’ai le sentiment que beaucoup de gens sont otages idéologiquement, otages par leur silence, otages de l’idéologie criminelle du Hamas et de ses alliés. Ils décident ainsi de fermer la bouche, de relativiser ou de contextualiser la situation de façon obscène – déresponsabiliser les assassins en évoquant simplement la colonisation. Et taire ainsi la vérité : le Hamas ne souhaite pas la paix ou le retour à la table des négociations. Il n’aspire qu’à la destruction d’Israël, et non à en finir avec l’occupation de la Cisjordanie. Pour cette organisation, toute présence juive – je dis volontairement « juive » et non « israélienne » – sur cette terre est à exterminer. Ne pas le dénoncer est une faille morale terrible pour le narratif palestinien qui mériterait mieux que cette mare de sang indélébile sur son drapeau.

Delphine Horvilleur Le Monde 15/10/2023

SOUS LES FIGUIERS DE BARBARIE

Le ciel à Gaza étouffe

les gazouillis des oiseaux

La terre à Gaza dégorge

le sang des otages

aux mains des terroristes

prophètes en leur pays

Sous les figuiers

de barbarie


Claude Brugeilles
15/10/2023

Dorio encre de Chine 50×40 cm 21/10/2023

Bien cher Jean Jacques je suis embarrassé je ne parviens pas à laisser un commentaire sur ton dernier post le voici :

Chou ti toui tou ti (schow tweet two E to tea)  :

(pouvons-nous faire bien)

(pour essayer d’en dire un peu :
comment parler de ce que réfléchissent
deux miroirs de feu et de cendre face à face)

Coucou : réveillez vous, cœurs endormis, le dieu d’amour vous sonne.
 
https://www.youtube.com/watch?v=ceS9-RUpzXQ

je te souhaite un beau dimanche, Michel.

Zone contenant les pièces jointes

Prévisualiser la vidéo YouTube Le chant des oiseaux – Clément Janequin

Le chant des oiseaux – Clément Janequin

ET DE JEAN TARDIEU LA MÔME NÉANT

Les violons de l’automne de Verlaine
Les roses cueillies par Ronsard
La corde des pendus de François Villon
Et de Jean Tardieu la môme Néant

La peinture à l’ahouile de Boby Lapointe
La sardane de Charles Trénet
Le père Ubu d’Alfred Jarry
Et de Jean Tardieu la môme Néant

La passante de Baudelaire
Le cornet à dés de Max Jacob
La négresse blonde de Fourest
Et de Jean Tardieu la môme Néant

Les escargots à l’enterrement d’une feuille
écrite par Jacques Prévert
Les Alyscamps de Paul-Jean Toulet
Le hareng saur de Charles Cros
Et de Tardieu la môme Néant

La langue verte de Géo Norge
Les cerfs-volants de Romain Gary
La pipe en majesté de Magritte
Et de Tardieu la môme Néant

Le coquelicot chanté par Mouloudji
La cage aux oiseaux de Perret
Les Marquises de Jacques Brel
Et la môme Néant de Monsieur Jean

Le piano du pauvre de Ferré
Le petit Liré de Du Bellay
L’autobus S à une heure d’affluence
de Raymond la Science
La môme Néant de Jean Tardieu
qui en fin de « conte » A’xiste pas

Le petit cheval dans le mauvais temps de Paul Fort
Les amours jaunes de Tristan Corbière
Les cœurs purs de Jean-Roger Caussimon
Et de Tardieu la môme Néant

Les ardoises du toit de Reverdy
Le cageot de Francis Ponge
Le gorille de Tonton Georges
Poursuivant le vieille décrépite
le juge en bois brut
Et la môme Néant

Le transsibérien de Blaise Cendrars
Le pont Mirabeau de Guillaume Apollinaire
L’écume des jours de Boris Vian
Et de Tardieu la môme Néant

Papiers collés de Georges Perros
Temps retrouvé de Marcel Proust
Le blason : LA MORT N’Y MORD
de Clément Marot
Et la môme Néant 

Les Bouffes du Nord de Peter Brook
Le Livre de sable de Borges
Le nocturne indien d’Antonio Tabucchi
Et de Jean Tardieu la môme Néant

L’arc et la lyre d’Octavio Paz
Le livre de l’intranquillité de Pessoa
La vie mode d’emploi de Georges Perec
La môme Néant de monsieur Jean

Les villes invisibles de Calvino
La plaisanterie de Milan Kundera
La vie dans les plis d’Henri Michaux
La môme Néant de Jean Tardieu

Quoi qu'a fait ? A fait rin
Quoi qu'a dit ? A dit rin
À quoi qu'a pense? A pense à rin
Pourquoi qu'a dit rin ?
Pourquoi qu'a fait rin ?
Pourquoi qu'a pense à rin ?
A’xiste pas

POÈME AVEC TEMPS D’ARRÊT

J’écris une ligne
et puis je marque
un temps d’arrêt 

J’ai besoin de faire
un détour dans ma tête 
de l’alléger de mes lectures
de la journée sur l’actualité 
qui m’ont déchiré 

J’entends alors le tonnerre
qui roule sur la mer
par intermittence 

Je marque un second temps d’arrêt 
Cette fois consacré à quelques pages
de mon livre de chevet

J’apprends que la photo de couverture
de Grand bal de printemps
où l’on voit une petite fille
sur un cheval de manège 
s’appelait Minoute
C’était la propre fille
de Jacques Prevert

Minute papillon
Papillon Mouton
C’est ainsi qu’on appelait 
la paire de bœufs en Auvergne
Ceux qui traçaient sans fin
leurs sillons
Comme les premiers poètes 
faisant leurs boustrophédons 

 

JE SUIS JE NE SUIS PAS

Je suis par hasard né Dorio
Et non Tardieu (Jean) ou Marx (Harpo)

Je ne suis pas le veuf le ténébreux l’inconsolé
(mais tout de même un peu)

Je suis cet obstiné qui s’invente
Mille et une identités
Parce que chaque fois qu’une apparaît
Il s’écrit : Sacrebleu mais ça ce n’est pas moué !

Je ne suis pas sur la photo des déportés du Camp des Milles
Mais j’aurais aimé être celui qui a dessiné un cœur percé d’une flèche
Avec trois mots à l’intérieur :
La Liberté La vie La Paix