L’ÂME TOMBÉE DES RÊVES

À moitié dormant

Je feuillette mon cerveau

Où nichent les images inscrites sur le livre du jour

Aucune particulière à en détacher

Si ce n’est celle d’un écrivain

Qui fit de ses rêves matière

Et pour le reste j’entends le vent de la nuit qui se lève

J’imagine qu’il souffle pour quelque pauvre âme tombée ce jour-ci

Peut-être dans mon village natal de l’Ariège

Où dans un champ de l’Amérique du Sud …

À côté de l’âme défunte

Je vois son cheval qui continue de paître

Comme si de rien n’était

CINQ MINUTES À PERDRE

Si vous n’avez pas cinq minutes à perdre, ne lisez pas la suite.

Si votre esprit n’a pas l’habitude de battre la campagne, passez votre chemin.

Si votre cœur est incapable d’offrir un myosotis à une fille, n’écoutez pas Brassens.

Mais si vous aimez les mots chantés à voix profonde et douce, et comme Anne Sylvestre, « les gens qui doutent »,

Vous êtes les bienvenus sur un rythme de Django, diablement manouche, avant qu’un peu de terre n’emplisse votre bouche.

courriels 47

Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique  » bibliothèque de Babel. »

Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.

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G.B. à J. St J.

Les poètes ont été le bon temps de ma vie.

J. St J. à G.B.

Entre désir et distance

gravitant toujours autour de l’autre

sa présence sa part insondable

Ses ondes ou ses mots nous aimantent

Et les corps cherchent leur unisson

G.B. (27 juin 1884-16 octobre 1962)

L’eau et les rêves, l’air et les songes, la flamme d’une chandelle.

J.St-J (1 avril 1935…..)

Entre lune et loup, les mots d’Alice, un petit feu de rêve.