AJOUTAGES

J’ajoute et ne corrige pas

J’ajoute ces presque riens

Nés de je ne sais quoi

J’ajoute par poignée

Mes Glanes

Ne me demandez pas

Pour qui sonne le glas

J’ajoute des pages

De la Disparition :

qui a l’air d’un roman

d’un individu (Anton Voyl)

dormant tout son saoul

L’art pour l’art

C’est de l’air

Sur l’incendie

Des Pennes Mirabeau

L’Art de la Joie

Chasse les peines

Cet art est fou

Feu et ferveur

Fièvre des mots

De Dora Maar

La femme qui pleure

Si vous n’aimez pas

Cet art de l’ajoutage

Vous avez sûrement tort

C’est que vous ignorez

Que quand votre esprit s’égare

Plus tard vous le retrouverez

Mieux ça vaudra

AVEC CORBIÈRE TRISTAN

S’il vous arrive de vous prendre parfois
au sérieux
Lisez Tristan Corbière

Artiste sans art
à l’envers
Philosophe à tort
et à travers


Sérieux à vous rendre malade
Raclant vos vers sur une lyre imaginaire
Avec votre pouce transformé en plectre
Avec la folle du logis qui vous balade
Faisant de votre savoir-mourir
Odes et ballades

S’il vous arrive de vous prendre la tête
Pour entrer dans la top-liste
Des poètes de printemps
Chantez loin de leur gnian-gnian
Avec Corbière Tristan

PAGE D’ÉCRITURE

Une page d’écriture c’est réjouissant d’annoncer ainsi la couleur d’abord toute blanche puis au fur et à mesure se remplissant de signes de mots de caractères de lettres de lignes que l’on écrit au stylo plus ou moins fin (0,5 mm en ce qui concerne le fauteur (sic) de cette page) l’écrire sans être le moins du monde écrivain (mais écrivant on le concède) sans jamais savoir pourquoi et en évitant cela va sans dire l‘hilarité mortelle qui ricane derrière tout ce que nous accomplissons selon le dictionnaire portatif de citations qui nous accompagne (article hilarité) L’écrire maintenant dans le petit espace restant sous le vent mistral qui vient opportunément de se lever non pour tenter de vivre mais pour s’avouer que l’on a encore une fois cédé à la tentation de l’écrire jusqu’au bout (c’était son but) cette foutue page d’écriture maintenant et pour de bon ter/mi/née

Un nouveau dictionnaire à part moi p 89

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LES POÈMES

Les poèmes ne tombent pas du ciel

Les poèmes ne se trouvent pas sous les sabots d’un cheval

Les poèmes nouveaux essaient en vain d’échapper aux anciens

Les poèmes font mouvement vers l’émotion d’un instant unique

Les poèmes font aux penseurs la nique

Les poèmes se font par essais successifs qui font crisser la page

ou quand c’est raté la déchirent

J’ai dicté ce poème à Madame Puérilité qui a ajouté

Pour les enfants et pour les raffinés

JE VOIS LES MOTS

Je vois les mots une fois posés sur la page vierge mais je m’en vois pour qu’ils adviennent et d’ailleurs parfois je ne peux les voir en peinture

À d’autres moments par un heureux hasard les mots font apparaître un monde disparu qui était dans la coulisse

Ainsi la cueillette des simples sur la colline des Martigues qui surplombe ma maison fait apparaître la place aux herbes peinte par Camoin que tant nous admirâmes au musée de l’Annonciade

Je vois les mots au-delà de la mort de celle qui alors m’accompagnait dans le musée de Saint Tropez parce qu’après sa mort je désire que sa grande force lui dure