COURRIELS

COURRIELS

un petit jeu de courriels : l’important est le croisement des messages

plus que le nom de leur auteur

.

1

Les vrais paradis sont les paradis qu’on a perdus.

M.P. à G.P. (1)

Longtemps je me suis couché par écrit.

G.P. (1) à M.P.

le romancier du temps perdu et retrouvé et l’écho oulipien de celui qui n’avait pas de souvenirs d’enfance

2

L’écriture à cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne.

G.P. (2) à M.L.

Roi sans arroi reine sans arène fou à lier cavalier seul

M.L. à G.P. (2)

l’écrivain des papiers collés et le romancier de l’âge d’homme

3

Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l’autre.

R.B. à M.B.

Dans le jardin du livre, les corolles s’entrouvrent. On n’a pas fini d’aspirer leur parfum.

M.B. à R.B.

le critique sémiologue sémillant qui prépara sans fin un roman qu’il n’écrivit pas et le romancier de la Modification

EN ÉCRIVANT EN LISANT VILLON

Ce soir seulet en écrivant

Lisant Villon faisant ses lais

Et ses ballades qui nous baladent

Grosse Margot Dames du temps

Jadis : Flora, Biétris, Alis.

.

Villon : souillon, bouillon, haillon

Venez à son enterrement

Quand ouïrez le carillon

Vétu de noir ou vermillon

.

Venez faire la rime

Sur le boulevard du crime

Vierge princesse folle jeunesse

Entre effroi et liesse

.

Le soir est tombé à présent

Il vente et grêle sur ma nuit

Sur le papier de cet écrit

Qui en l’honneur de Villon,

Mais en silence, bruit.

.

Poésie mode d’emploi

06/01/2006

22/02/2026

Non stop

DISPARITION

L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

Les italiques sont des citations puisées dans l’œuvre de la « disparue ».

Le reste est de l’auteur du blog « poésie mode d’emploi ».

DISPARITION

V

 Nathalie.S.

15

Là il va falloir s’accrocher aux branches…les branches d’un arbre, -ça devait arriver-, qui vient de jeter ses derniers feux…Un arbre ? Allons donc , bien qu’on ait senti sa présence, l’arbre qui aurait pu matérialiser cette vie était resté dans le vague…contrairement à La Môme Néant forgée par la plume de son confrère Jean. T., cette très vieille dame qui venait de disparaître, avait tout dit…tout fait…tout pensé…par écrit…mais à la fin des fins le résultat était le même…Môme Néant ou Dame du Nouveau Roman…A’xistaient plus !

ÉCRITURE

ÉCRITURE  

C’est comme la vie trop vite finie / On n’est jamais sûr d’avoir tout compris

Anne Sylvestre (Manèges) sa chanson ultime

L’écriture patiente, obstinée, minutieuse, décomplexée, sensible, intellectualisée, défiant la page vierge et les choses qui résistent, excluant le « moi » encombrant de l’auteur, délirante, attentive au rapport entre le signifié et le signifiant, agitée, assise dans l’oubli, euphorique, dysphorique, traduite d’une langue inconnue, colorée, dégrisée, phénoménologique, ultra-sensible, jouissive, illusoire, surréaliste, avers et revers de notre rapport au monde. La seule chance de savoir ce que tu vois, ce que tu entends, ce que tu touches, ce que tu pressens, ce que tu recherches, ce que tu sais, ce que tu crois savoir, ce que tu comprends, ce que tu ne comprends pas…c’est en l’écrivant que tu auras une chance de t’en approcher.

IL ÉTAIT UNE FOIS ET IL N’ÉTAIT PAS

Peu à peu
la tablette vide
absorbe ses nouveaux
signes


peu à peu
ils naissent de mémoire
et d’oubli


ils sont un peu
de notre peau
beaucoup de notre
ignorance


peu à peu
ils comptent
nos biens évanouis

ou bien
ils ouvrent le conte
de toutes nos vies


il était une fois
et il n'était pas...
inachèvement


poésie mode d'emploi
06/01/2006
22/02/2026
non stop