91
Il se souvient de the nana
92
Il se souvient des amours jaunes
93
Il se souvient du côté de chez Swann
94
Il se souvient de la marée des signes
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Il se souvient de l’exil inutile d’un cygne
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
91
Il se souvient de the nana
92
Il se souvient des amours jaunes
93
Il se souvient du côté de chez Swann
94
Il se souvient de la marée des signes
95
Il se souvient de l’exil inutile d’un cygne
Un bouquet d’orties blanches et de soleils noirs
Nos têtes sous les plumes du lit miroir
La guêpe ivre sur la margelle du puits
Puis changement de décor nos corps
Multipliés par sept mordant l’éternité
Que reste-t-il de nos joueurs de manille
Qui comptaient à la fin en silence leurs jetons
32/68
MAI 68
IL Y AVAIT
Il y avait des C.A. Comités d’Action
Où la parole libre circulait
Mais personne ne devait le faire
au nom d’un groupe déjà constitué
Ceci pour éviter
les pêcheurs à la ligne des groupusculaires
Car en effet il y avait ces putains de militants
connaissant sur le bout de la langue
(de bois et de rhétorique)
les écrits de Marx de Lénine
d’Althusser et consort
Ils ne venaient dans les Assemblées
Que pour repérer et capturer
Ceux et celles qu’ils jugeaient indécis et paumés

Les spectres de mai rôdent toujours
dorio (traits blancs sur fond noir)
19 mai 2026
Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.
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M.P.à JP V.
Grâce à l’art au lieu de voir un seul monde nous le voyons se multiplier et autant qu’il y a d’artistes originaux autant nous avons de mondes à notre disposition plus différents les uns que les autres et qui bien des siècles après qu’est éteint le foyer dont ils émanaient, qu’il s’appelât Rembrandt ou Ver Meer, nous envoient leur rayon spécial.
JP V. à M.P.
Pour être soi il faut se projeter vers ce qui est étranger. Demeurer enclos dans son identité c’est se perdre et cesser d’être. On se connaît, on se construit par le contact, l’échange, le commerce avec l’autre entre les rives du même et de l’autre. L’homme est un pont.
.
M.P.(10 juillet 1871-18 novembre 1922) Son œuvre unique et prolixe embrasse Temps perdu et temps retrouvé.
J.-P. V. (4 janvier 1914-9 janvier 2007) En 1944, il est chef des FFI de la région toulousaine. Plus tard, il milite pour l’indépendance de l’Algérie. En 1948, il entre au CNRS et se spécialise dans l’anthropologie de la Grèce Ancienne.
« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.
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TOMBEAU DE SUPERVIELLE
J’aurai rêvé ma vie à l’instar des poèmes
que j’ai lus, écrits, pensés, ruminés,
Vivant en même temps le feu et la rivière.
.
Qui je fus ? qui je suis ? Je cherche dans la nuit,
la source, l’océan, je cherche l’or du temps,
L’oublieuse mémoire d’un forçat innocent.
Jean Jacques Dorio 22 janvier 2026
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