Ce peu de nous
Il se peut dénoue
Nos différences
Avec nos concordances
.
Ni trop ni peu
En ce domaine
Où l’on joue
À qui perd gagne
Du corps ou de l’esprit
.
Nous avançons
Ligne à ligne
Qui vont s’ouvrant
Dans un chemin partagé :
Un cami compartit
.
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Ce peu de nous
Il se peut dénoue
Nos différences
Avec nos concordances
.
Ni trop ni peu
En ce domaine
Où l’on joue
À qui perd gagne
Du corps ou de l’esprit
.
Nous avançons
Ligne à ligne
Qui vont s’ouvrant
Dans un chemin partagé :
Un cami compartit
.
Je me souviens du bel œuf tout chaud trouvé dans notre poulailler que je gobais avidement
Je me souviens d’avoir assisté avec enthousiasme à la création d’Einstein on the Beach de Bob Wilson et de Phil Glass au théâtre municipal d’Avignon au cours du festival 1976
Je me souviens de Bernaduque le nom de jeune file de ma grand-mère maternelle (je n’ai pas eu de grands-parents paternels)
Je me souviens de mon mariage qui fut aussi le tien le 4 août 1979 mais tu n’es plus là pour que nous le fêtions
Je me souviens que notre repas de noce consista en une bouillabaisse prise à l’Épuisette le restaurant du vallon des Auffes
séquence 13
MIRÓ MAI 68
D’un de mes MAI 68 - ils sont inépuisables - je sortirai un chapeau
Un chapeau de président de cardinal de recteur
d'un mandarin portant chapeau
Et je l’accrocherai au réverbère de la Révolution
Petites mains explosant sur la toile
Quand tout s'en va cul par-dessus tête
Avec de grandes coulures de noir
pour la lyre
Nos grillons n'auront duré qu'un été
Mais enfin on se sera bien amusés
Avec les muses et les musées dans la rue
Et avec Joan Miró
Qui à 75 ans signa ce MAI 68
Salve Salive Recréations Germinations
Mains s'envolant vers l'éternelle Insurrection
Jean Jacques Dorio
Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.
JJ Dorio
70
M. à T.
Je vis du jour à la journée et parlant en révérence, ne vis que pour moi : mes desseins se terminent là.
J’étudiais jeune pour l’ostentation, depuis, un peu pour m’assagir, à cette heure pour m’ébattre, jamais pour la recherche.
T. à M.
Je vais çà et là sans logique, je m’attarde dans les bistrots jusqu’à la fermeture, ensuite je me lève et je marche.
Le médecin m’a dit : vous êtes un cas classique d’homo melancolicus. Mais Durer a peint la mélancolie assise, ai-je objecté. Votre mélancolie est différente, a-t-il décrété , il s’agit d’une mélancolie mobile. Et il m’a prescrit des exercices moteurs.
.
M. .(28 février 1533-13 septembre 1592) Il aimait passer sa vie à sauts et à gambades.
T. (24 septembre 1943-25 mars 2012) son livre posthume Per Isabel sous-titré Un mandala Je l’ai lu après la mort de mon Isabelle qui s’appelait Jo T. est finalement mon romancier préféré
« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
AVANT LIRE
Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.
Chaque Disparition se compose de sept fragments.
Ils paraîtront sur ce blog du lundi au dimanche,
pendant vingt-trois semaines,
soit cent soixante et un fragments,
si tout se passe comme prévu.
DISPARITION XIII
Christian Dotremont
86/92
89
Vois dans le blanc de
mes écrits l’infecte pureté
où je me déchire de ne plus
te voir qu’en rêve, cauchemar
et désir.
je, quel drôle de mot
nécessaire pour commencer
à cesser à tour de drôle
d’être jeu seulement de moi
nécessaire pour commencer
à jouer notre va-tout
si ce n’était que c’est encore un peu
si c’était déjà que ce n’est plus du tout
et, d’autre part, si c’était encore tout de nouveau
celui qui écrit ceci n’écrirait plus rien
Trois écrits au crayon sous ses encres de Chine : ses logogrammes+

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