LE RYTHME

Surgi de rien : le rythme

Issu du vide

Le rythme bat son plein

Le rythme cette nuit a du retard à l’arrivée

Surgi d’un mouvement contrarié

et libéré un bref instant d’Impro

où l’on essaie de déchiffrer l’Informulé

Un arc, un souffle, un rythme :

nos ailes de géant se mettent à marcher

sur le pont du capitaine-poète Baudelaire

Ou bien dans une interminable jazz session

le rythme peut aussi produire des fadaises

(mais ceci est une autre affaire)

MON ART EST DE SURFACE

MON ART EST DE SURFACE
 
Mon art est de surface

Il court sur le papier

Il sonne sur le clavier

Il se projette sur la toile


Mon art est de surface

Intuition mimesis une flûte invisible un mot pour un autre une tache de soleil noir


Mon art est de surface

un mur arborescent un accord de guitare désaccordée une page perdue dans un livre fermé


Mon art est de surface

une dédicace donnée par un auteur fictif imaginé par Borges

le catafalque bleu blanc rouge sur le cercueil de Paul Valéry

les trois minutes trente-trois  de silence  d’une partition de John Cage


Mon art est de surface couché par écrit

chanté au studio Le Petit Mas

projeté sur des toiles d’abstraction lyrique posées à plat sous l’olivier


Mon art est de surface

grains de voix collés sur bandes magnétiques

traits d’encres appliqués sur le calcaire coquillier

ou la plage de Fos

cris du soir des martinets


Mon art est de surface

livre de sable infini

clavier plus ou moins tempéré

page unique qui termine sa boucle

comme un œil qui ne veut pas se fermer


 

Texte d’origine

ESSAIS RATÉS

ESSAIS RATÉS

Une page sans essais est une page ratée

Je répète le geste jusqu’à ce qu’il m’échappe

Je me souviens de la petite éponge ronde

qui effaçait le dernier calcul mental

sur l’ardoise qui nous était attachée

-Effacez, disait l’instituteur,

On va refaire un essai.

C’était une voie, forgée dans l’inachèvement syxtématique.

Une vie mémorable que (désormais) mes morts hâblent

Et ce texte survivant qui a provient d’un dessin raté.